Les ports africains se saisissent de la relation Ville Port

Publié par  21 décembre, 2012 8:00 Laissez vos commentaires

9e Conférence portuaire panafricaine

Brazzaville (Congo), 10-12 décembre 2012

9e Conférence portuaire panafricaine 2012Sur ces trois façades maritimes, l’Afrique connait dans ses ports des difficultés similaires. Ainsi, le manque d’espace est souvent important et les enjeux autour du foncier deviennent encore plus stratégiques quand s’y ajoutent des occupations plus ou moins légales par certaines populations. Les accès terrestres sont saturés entrainant d’énormes difficultés pour la circulation des poids lourds au travers du tissu urbain. Des tentatives de régulations horaires ont été menées mais les résultats obtenus ne sont pas satisfaisants, certaines interdictions de circulation pouvant même paralyser le fonctionnement portuaire. L’utilisation du fer, comme mode de transport alternatif, connait également dans beaucoup de pays, un développement trop lent.

Pour les ports africains, réunis à Brazzaville (Congo) à l’occasion de la 9e Conférence portuaire panafricaine, le constat est donc assez rude, et dans ce contexte, ils appellent à davantage de collaboration avec toutes les parties prenantes et en premier lieu les autorités urbaines. Car beaucoup n’hésitent plus à affirmer que le dialogue Ville Port est dans les faits très restreint et que cela conduit à des situations de blocage, économiquement et socialement préjudiciables pour l’essor de leur pays. Ils souhaitent donc la mise en place de schémas directeurs qui traduiraient une stratégie Ville Port commune.

Mais comment les mettre en place ? Les points de vue divergent. Certains souhaitent un Etat fort imposant sur le terrain un schéma d’aménagement portuaire structurant. D’autres souhaitent des évolutions législatives obligeant Ville et Port à mettre en place des cellules de concertation. Toutes ces idées sont défendables. Bruno Delsalle, qui représentait l’AIVP lors de ces débats, a cependant rappelé qu’en matière de développement l’initiative locale est très importante et que les ports, qui disposent souvent en Afrique de moyens financiers plus importants que les villes, peuvent enclencher une dynamique. Certains ports le font déjà d’ailleurs et financent par exemple sur leurs fonds propres la réfection de routes, la construction de stations de traitement des eaux, la construction d’écoles pour développer une politique de formation et former les employés de demain. L’AIVP ne peut qu’encourager les ports africains à continuer dans cette voie, et d’ainsi témoigner très concrètement auprès des autorités urbaines de leur volonté d’avancer dans différents domaines : celui de leur performance économique et de la création d’emplois, celui de l’amélioration du cadre de vie des populations, celui de l’intégration sociétale d’un port acteur de la vie publique.

De nouvelles habitudes de travail peuvent naître de ces initiatives et augurer pour demain l’émergence de visions communes Ville Port. Aux Etats de voir dans le même temps s’ils souhaitent mettre également en place les outils nécessaires à une collaboration plus formelle.

Au terme de cette conférence, deux constats s’imposent :

  • la coopération portuaire régionale, indispensable pour renforcer la présence de l’Afrique dans l’économie mondiale, sort renforcée ;
  • un changement des mentalités est en cours qui pourrait  aboutir à un dialogue constructif et permanent entre les parties prenantes avec un double objectif : tirer pleinement partie des très nombreux investissements publics et privés en cours sur les quais africains, et faire de la relation Ville Port Etat un levier important pour l’avenir des sociétés africaines.

En savoir plus : www.papn-cg.org

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