« Le Club Territoires Maritimes, un moment d’échange privilégié entre acteurs ville port à l’échelle nationale et parfois même au-delà »

Publié par  6 juillet, 2016 2:50 3 Comentaires

J_Duszynski_photo_petitInterview: Juliette Duszynski, Directrice Adjointe de l’AURH , Co-animatrice du Club Territoires Maritimes, FNAU, France

L’AURH est membre de l’AIVP depuis 1992.

AIVP : Juliette, aujourd’hui vous co-animez le Club Territoires Maritimes mis en place par les acteurs des agences d’urbanisme des territoires maritimes en France. Pouvez-vous nous faire un rapide retour sur la genèse et le fonctionnement de ce club ?

Juliette Duszynski – Ce club a été créé en 2009 à l’initiative de l’AGAM (Agence d’Urbanisme de l’Agglomération Marseillaise) et de l’AURH (Agence d’Urbanisme de la Région du Havre et de l’Estuaire de la Seine) par deux agences qui souhaitaient monter un club d’échanges propres aux problématiques si spécifiques des villes portuaires (maritimes ou fluviaux), des territoires littoraux et des sujets d’arrière-pays portuaires qui par essence peuvent concerner l’ensemble du territoire français. La FNAU (Fédération Nationale des Agences d’Urbanisme) a soutenu l’aventure en mesurant la portée stratégique d’une telle approche décloisonnée. Ce club se réunit 4 fois par an et rassemble autorités portuaires, chercheurs, et agences d’urbanisme concernées par les dimensions portuaire, maritime et/ou littoral.

AIVP : Y-a-t-il des thèmes qui reviennent régulièrement dans les débats du Club Maritime et quelle est votre approche prospective ?

Juliette Duszynski – Nous pouvons aussi bien traiter de l’application de la loi littorale dans les Schémas de Cohérence Territoriale que des problématiques de construction d’hinterland et de corridors européens, en passant par l’observation des retombées économiques des ports, la connaissance de l’organisation de la filière nautique, foncier portuaire, etc … En 2015 par exemple, le club a traité :

  • de la question de la valorisation et de l’optimisation du foncier portuaire dans des contextes portuaires différents,
  • des enjeux de gouvernance liés au développement et à la pérennisation des démarches d’écologie industrielle et d’économie circulaire au sein des territoires portuaire.

Concernant la dimension prospective de nos réflexions, en 2015, nous avons organisé deux sessions sur « Prospective et territoires portuaires » qui nous ont permis de parler du secteur de la plaisance et du Yachting, de celui de la pêche, de la croisière, de la filière nautique, de l’innovation par les projets dans les domaines portuaires et logistiques, du concept d’économie circulaire et les stratégies du développement portuaire,…. Enfin, nous essayons de faire appel autant que possible à des experts pour ouvrir aux sujets ville-port ou territoire port de demain.

AIVP : Les territoires maritimes français sont divers, présentant des enjeux qui ne sont pas forcément les mêmes d’une place portuaire à une autre. Comment répondre à tous les questionnements et attentes des participants ?

Juliette Duszynski : En effet, la philosophie du club est que chaque agence d’urbanisme puisse venir avec « son port » quel que soit son statut et son domaine d’activité. Ainsi notre tour de table comprend des grands ports maritimes, des ports autonomes, des ports régionaux, des chambres de commerce. Dans le même sens, sachez que le club est désormais co-animé par l’AURH avec l’Agence d’urbanisme et de Développement Economique du Pays de Lorient  (AUDELOR), sur ces deux territoires on peut dire que les ports sont de nature différente, ils peuvent être amenés à se retrouver sur des sujets communs. En tant qu’animateur, nous restons à l’écoute des attentes de l’ensemble des participants, nous essayons d’équilibrer les sujets en ne privilégiant pas un type de port à un autre et en nous fixant également un objectif de diversité géographique (de la Côte d’Azur à Dunkerque, en passant par Strasbourg et Toulon).

AIVP : Quels sont, selon vous, les vrais atouts d’une telle structure et comment pensez-vous faire avancer concrètement le dialogue ville port ?

Juliette  Duszynski : Je tiens à préciser que ce club est informel. La  Fédération Nationale des Agences d’Urbanisme offre aux professionnels des agences la  possibilité d’échanges permanents dans le cadre de différents clubs (urbanisme commercial, économie, géomatique, habitat, planification, mobilités, international,…) qui contribuent à créer une culture professionnelle  commune à toutes les agences et alimentent les productions du réseau. Les clubs de la FNAU ont pour valeurs communes : la gratuité, le partage, l’ouverture, la mutualisation, la liberté d’initiative. La grande particularité du Club Territoires Maritimes, comme je le dis souvent de manière volontairement provocatrice, est de ne pas être un « club corporatiste » et je tiens ici à remercier la FNAU qui m’a permis d’ouvrir le club, de façon pérenne, à des partenaires extérieurs, qui y trouvent un lieu unique d’échange et de réflexion :

  • Les autorités portuaires (principaux Grands Ports Maritimes français qui sont assidus aux réunions et CCI/autorités portuaires) ;
  • Des chercheurs reconnus pour leurs travaux sur les villes portuaires (IFSTTAR, CNRS, UCLO) ;
  • Des institutions (CEREMA, Union des Ports de France, DGITM, CCI France, …) ;
  • L’Association Internationale Villes-Ports (AIVP).

AIVP : Au final, le Club représente en quelque sorte un réseau d’acteurs de type AIVP mais au niveau national ? Quels sont les projets à venir pour le Club Territoires Maritimes ?

Juliette Duszynski : On peut voir les choses de cette façon mais encore une fois ce club s’affranchit d’un cadre structurel et ne repose que sur les bonnes volontés des animateurs, des participants et sur un réseau construit au fil des ans. Nous avons 3 réunions sur 4 encore programmées au cours de l’année 2016. Ce programme de travail a été défini avec les besoins exprimés par les agences et les ports, besoins que nous avons écoutés et recueillis au fur et à mesure des sessions passées. Voici donc notre programme à venir :

  • Ports et concertation,  le 1er Juillet 2016. Au-delà des questions d’acceptabilité et de gouvernance, les initiatives en matière de concertation publique sont nombreuses (voire tous azimuts), les démarches des uns et des autres vont-elles dans le même sens ?
  • Nous avons été approchés par le CEREMA pour les accompagner dans la construction d’une demi-journée lors de leurs prochaines « Assises du Port du Futur » (20 / 21 septembre 2016).
  • En fin d’année (2 décembre 2016) nous construirons une journée de club sur l’économie maritime, l’étude des retombées économiques des ports, en partageant méthodes et résultats.

Le club de juin 2015 organisé à Dunkerque nous a prouvé que les sessions décentralisées avec « visites apprenantes » fonctionnaient. J’ai donc dans l’idée de réitérer l’expérience…. Pourquoi pas en 2017 au Havre pour les 500 ans du port ?

 

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3 commentaires

    Comte dit :

    le club maritime est effectivement un lieu d’échanges et de réflexions très utile.
    Les thématiques définis et les échanges organisés entre représentants de différents territoires apportent un éclairage original, qui aboutissent en plus sur des idées ou des façons de procéder innovantes.
    Merci aux animateurs et à Juliette en particulier.
    Cecile Comte (ports de la CCI Nice côte d’Azur)

    Echanges d’expériences et réflexions communes :
    Ce club nous permet effectivement de sortir de nos territoires et des logiques tant structurelles qu’organisationnelles des agences d’urbanisme. Ce lieu de partage, où la parole est libre, ouvre les esprits sur les problématiques maritimes qui enrichissent nos propres réflexions sur des territoires toujours plus complexes à appréhender.
    En tant que co-animateur de ce club je profite de cette interview pour remercier l’ensemble des participants qui donnent de leur temps pour permettre des échanges d’une très grande qualité.

    P.POUPINOT dit :

    un club qui « rame » dur -)))

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