Développement du réseau AIVP : Marioupol, stratégie d’une ville portuaire ukrainienne

Publié par  24 juillet, 2019 1:58 Laissez vos commentaires

La ville de Marioupol (Ukraine) vient de rejoindre le réseau de l’AIVP. C’est la première ville d’Ukraine à nous rejoindre, ajoutant un pays supplémentaire à la liste des membres. A l’occasion de l’adhésion, la ville a invité l’AIVP à participer à un forum le 17 juillet 2019 sur les villes portuaires.

Le forum, a rassemblé majoritairement des habitants de Marioupol, mais également des représentants des villes d’Odessa et de Tchernomorsk. Il y a été question surtout de finances : comment faire en sorte que les richesses produites par le port soient reversées aux territoires locaux plutôt qu’à l’Etat. Hermeline DELEPOUVE, en charge de la communication à l’AIVP a pu présenter le réseau et les services rendus aux membres. La ville de Marioupol, voulant marquer son ouverture à l’international, a souhaité faire de l’adhésion un moment officiel à la clôture du forum.

La ville, qui a souffert de la guerre du Donbass, a de nombreux projets d’aménagement urbains sur le littoral : promenade, téléphérique, plage aménagée… Elle souhaite redevenir une ville touristique. Toutefois, elle doit concilier ses ambitions avec les installations portuaires et industrielles parfois encombrantes : le chemin de fer qui longe la plage, les usines sidérurgiques avec leurs lots d’émissions polluantes ou encore les dépôts de scories pour le moment peu traités. La ville souhaite, comme l’avait déjà indiqué le Maire Vadym BOICHENKO lors de sa visite au Havre, passer d’une ville industrielle à une ville post-industrielle. C’est-à-dire qu’elle souhaite garder ses usines (en les rendant plus écologiques), mais avoir une diversification des activités économiques.

Hermeline DELEPOUVE a également profité de sa venue pour visiter les installations portuaires. Le port de Marioupol, seul port en eaux profondes de la mer d’Azov, a vu son activité considérablement réduite (passant de 15 à 4 millions de tonnes par an) à cause des conséquences de la guerre du Donbass :

  • Les routes et la voie ferrée ont été endommagées
  • Certaines des mines d’où provenait l’export ne sont plus sous le contrôle de l’Ukraine
  • Le faible tirant d’air (35 mètres) du pont dans le détroit de Kertch (reliant la Crimée annexée à la Russie), inauguré en 2018, empêche de facto le passage des navires du type « Panamax »

Partant de ce constat, pour conserver les 3500 emplois directs, le directeur du port s’est lancé dans une vaste opération de reconversion des activités portuaires. Le port fonctionne à 90% à l’export, et les quais auparavant réservés aux produits métallurgiques sont en train d’être transformés pour exporter du blé, mais aussi les produits de la culture du tournesol (huile, graines et moût). Ceci s’accompagne d’un vaste plan de formation pour les employés qui changent de métier. Le port peut ainsi continuer de fonctionner 12 mois par an. A l’import, le port accueille dorénavant des éoliennes. C’est aussi une reconversion.

De nombreux sujets à porter à la connaissance des membres du réseau AIVP dans le cadre des échanges d’expériences.

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