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Le Short Sea Shipping, un atout pour le territoire
Auteur: AIVPDate de parution: Jeudi, 13 Avril 2006Type de Document: Note - Compte renduLocalisation: Europe : France : DunkerqueLangue: Français, Anglais, EspagnolLes Rencontres de l'Association Internationale Villes et Ports (AIVP) organisées dans les trois ports de la Côte d’Opale les 22, 23 et 24 mars sur le thème "Short Sea Shipping et développement des territoires" se sont révélées particulièrement riches en apport d’expériences et de bonnes pratiques. Plus de 150 participants venus d'une douzaine de pays européens et africains ont pris part aux différents débats.Dès l'ouverture de ces Rencontres, Michel Delebarre, ancien Ministre d’Etat, Président du Syndicat Mixte de la Côte d’Opale, et également Vice Président de l'AIVP, insistait sur la responsabilité de la classe politique européenne dans les processus de mise en place de stratégies de transport alternatives au transport routier "avant d'y être contraint par des revendications toujours plus fortes des populations et risquer des phénomènes de rejets massifs". Parmi les diverses approches envisagées, le développement du Short Sea Shipping participe activement aux réductions des congestions routières et favorise le développement durable et l’aménagement des territoires. Les fameuses autoroutes de la Mer voulues dans le Livre Blanc de la politique européenne des transports sur 4 axes majeurs en Europe : Baltique, Arc Atlantique, Méditerranée Ouest et Méditerranée Est) sont à ce niveau porteuses d'espoir. Mr Jean Trestour, Chef de l'Unité "Autoroutes de la Mer et Intermodalité" de la Commission Européenne, a d'ailleurs souligné que la Commission Européenne entend bien jouer un rôle de catalyseur pour favoriser leur développement, notamment via le programme Marco Polo.
Toutefois, force est de constater que la mise en oeuvre de cette politique continue de se heurter à un certain nombre de problèmes liés à la disponibilité de navires (les navires récents et adaptés sont rares et chers), à la difficulté de normalisation d’un "euroconteneur" (pour développer l’intermodalité et réduire les coûts unitaires), aux coûts et modes de fonctionnement portuaires et aux limites budgétaires tant des opérateurs individuels que des « institutions ». Au-delà d’une volonté politique unanime, il y a incontestablement besoin de plus de cohérence à la fois aux différents échelons territoriaux et à tous les niveaux de la chaîne logistique. Pour les accompagner dans leurs initiatives, armateurs, chargeurs, transporteurs routiers attendent :
- des ports: une visibilité en matière de planification et d’équipements,
- des autorités nationales : une mobilisation en matière d’accueil, d’aides financières au démarrage et de sûreté,
- et enfin des autorités locales : une implication pour favoriser la connexion des terminaux Short Sea Shipping au réseau terrestre, autoroutier, ferroviaire et fluvial.
Devant ces attentes, il appartient en particulier aux villes et aux ports de mettre en place des schémas d'infrastructures à l'échelle de la ville portuaire. L’intégration du Short Sea Shipping dans l'aire urbaine régionale doit être conçue pour réduire au maximum les nuisances tout en valorisant les ruptures de charge. L’accueil des passagers dans la ville portuaire, les activités logistiques sont autant de sources possibles de valeur ajoutée. Dès lors, à chaque acteur public et privé de jouer pleinement son rôle dans les limites de ses compétences avant d’espérer une synergie via une concertation et une planification à long terme.
Des réseaux routiers dédiés pour la desserte portuaire, le développement du rail, la création de zones de stockage poids lourds en amont des ports, la dématérialisation des procédures et le suivi électronique des véhicules sont autant de solutions possibles aux contraintes d'aménagement. Leur mise en oeuvre passent par un dialogue basé sur un principe "gagnant / gagnant", et le développement local doit demeurer une priorité complémentaire du port évaluable en terme d’emplois directs et indirects créés, mais aussi de nuisances et de coûts externes évités.
Toute délocalisation de terminal, souvent perçu comme une coupure ville / port, peut se transformer en un lien dynamique. Le projet des "Terrasses du Port" à Marseille démontre ainsi qu'un projet commercial à l'interface ville / terminal Short Sea Shipping, peut tout à fait trouver sa place dans le respect des contraintes portuaires. La réorganisation spatiale des flux de trafic apparaît, pour qui sait la saisir, comme est une opportunité de recomposition de l'interface ville / port, dans un souci de rationalité et de retombées positives pour l'économie locale comme pour la vie du citoyen.
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