Ses plates-formes multimodales, dont les 3 principales - Gennevilliers, Bonneuil-sur- Marne et Limay - ont accompagné ces dernières années la progression du conteneur et la montée en puissance de Port 2000 au Havre. 2007 aura encore été marquée par une progression de 26,2% de ce trafic. Elles attirent un nombre croissant d'opérateurs combinés. Gennevilliers a atteint désormais une taille critique qui devrait lui permettre de développer de nouveaux services à l'exemple du service rail-route sur Fiorenzuola (Sud de Milan) et l'offre multimodale LeHavre-Fiorenzuola qu'elle permet depuis octobre 2007. Limay a inauguré fin février un nouveau terminal conteneur et d'autres sites en accueilleront en 2009 et 2010.
Cet objectif d'une part croissante de l'acheminement du conteneur par la voie d'eau était inscrit dans le "Schéma des infrastructures portuaires pour la Région Ile de France - Horizon 2020", schéma adopté en octobre 2005. A côté du soutien aux filières traditionnelles (métallurgie, céréales, et leurs dérivés tels que les bio-carburants) et de la volonté de maintenir le transport par voie d'eau des matériaux de construction, le Schéma se fixait également pour objectifs :
- le développement du tourisme fluvial dans une région et une ville qui est une destination touristique majeure (7 millions de passagers), mais aussi du transport public de passagers (batobus, navettes, etc.) ;
- le développement du transport des déchets par voie d'eau, développement qui supposera l'implantation de centres de tri, d'usines d'incinérations, etc. le plus près possible de l'eau ;
- l'émergence d'une nouvelle logistique urbaine dans des zones urbaines denses et, en particulier d'une logistique fine de proximité.
Toutes ces orientations supposent une politique de partenariat du Port de Paris avec les collectivités locales, et la recherche de solutions innovantes pour le maintien et le développement d'activités portuaires en zones urbaines : intégration environnementale, architecturale et paysagère, stratégie de temps partagés, ...
Cette démarche d'intégration des ports dans l'environnement naturel et dans le tissu urbain s'inscrit aux différentes étapes des projets : en amont par un dialogue permettant la prise en compte dans les plans d'urbanisme des contraintes et des besoins portuaires ; dans la phase de définition des projets portuaires au cours de laquelle sont intégrées les spécificités du tissu urbain local et son fonctionnement ; dans l'établissement de schémas directeurs des sites garantissant durablement la cohérence des aménagements. Le Port de Paris s'appuie pour cela de façon systématique sur l'expertise d'architectes urbanistes et de paysagistes.
Cette démarche d'ensemble et la politique environnementale du Port de Paris ont donné naissance à l'automne 2007 à un Plan d'actions très volontariste. Fondé sur un diagnostic environnemental des activités portuaires réalisé pendant un an, ce plan décline une trentaine d'initiatives concrètes pour répondre à l'ambition affichée par le port : "agir pour être éco-exemplaire". Schéma d'aménagement et de développement durables des principales plates-formes existantes ou programmée (à Achère notamment), recours aux énergies renouvelables, démarches HQE (haute qualité environnementale) sur les bâtiments, ou encore partenariats avec le secteur privé tels que ceux établis dans le cadre de la Charte "Sable en Seine" récemment réactualisée, etc.
Concilier port d'animations et de loisirs et port industriel urbain ; faire d'un équipement tel qu'une centrale à béton un outil performant, respectueux de l'environnement, mais aussi un monument industriel sur un site ouvert aux piétons ; associer équipements dédiés à une logistique urbaine de proximité et équipements culturels et de loisirs, quelques exemples d'une démarche et de solutions qui, comme nous allons le voir, pourraient inspirer nombre de villes portuaires...
La démarche qui a été engagée par le Port autonome de Paris pour le développement de la logistique et, en particulier, de ses plates-formes multimodales, a conduit à une rationalisation des espaces portuaires et une nouvelle politique foncière pour offrir les meilleures conditions aux opérateurs de l'immobilier logistique. Des conditions favorables qui incluent également le développement des services aux personnes venant travailler sur ces sites (restauration, transport, banque, etc.).
Là aussi, l'acceptation des activités et équipements portuaires supposait un soin particulier à leur qualité architecturale et environnementale, et l'intégration paysagère. Cette approche a été conduite depuis plusieurs années sur Gennevilliers avec une réflexion d'ensemble sur l'aménagement durable et l'intégration de cette plate-forme menée avec le cabinet d'architecte paysagiste d'Odile Decq.
 Projet d'entrepôt A3 au port de Gennevilliers. © Port of Paris Authority
|  Port de Gennevilliers, Centre de vie © Port of Paris Authority / Pascal Lemaître
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Après Gennevilliers, une démarche similaire est engagée sur le port de Limay (avec les urbanistes AXP Urbicus et Ernst & Young) et sur le Port de Bonneuil (avec l'équipe d'urbanistes de "Chemin faisant"). Sur la plate-forme de Bonneuil, le Port autonome vient récemment de confier au grand groupe mondial AMB property Corporation l'aménagement de plus de 43 000 m². Neuf des plus grands promoteurs mondiaux avait répondu à la consultation internationale lancée par le Port début 2007. S'appuyant sur l'attractivité du fluvial, le programme très polyvalent conçu par AMB permettra de répondre à une grande diversité d'activités. Le projet a aussi été retenu en raison de sa qualité architecturale et environnementale.
La carte de l'intégration a pu sans doute paraître à certains un pari audacieux, en particulier lorsqu'il portait sur des équipements industriels en état de grande vétusté. C'était le cas pour le port d'Ivry (700 000 tonnes en 2005) dont la réhabilitation a été décidée dés 1988. Pour ce site de 56000 m² sur 1,5km situé à la porte Est de Paris, le projet défini en concertation la ville d'Ivry-sur-Seine a été mené avec le cabinet d'architectes Treuttel, Garcias et Associés. Il impliquait la réhabilitation de 2 zones industrielles. Les travaux ont été conduits entre 1994 et 2000 par le Port mais également par les industriels eux-mêmes sur leurs propres installations (3 centrales à bétons, ports sabliers, un négoce de matériaux de construction, etc.).
 Port d'Ivry © Port of Paris Authority
|  Port d'Ivry © Port of Paris Authority
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Entre ces 2 zones a été aménagée une zone d'animation et de loisirs (restauration, concerts, performances théâtrales, etc.). Une promenade haute a également été créée pour permettre au public de surplomber les activités industrielles et des panneaux explicatifs replacent le port, son histoire et les activités actuelles au coeur des activités quotidiennes. Mobilier urbain, aménagements paysagers, sculpture urbaine, autant d'éléments qui viennent compléter cette opération pour créer une nouvelle vitrine et un lieu de promenade sur le port.
2003 - Signalétique informative au port d'Ivry-sur-Seine (94)
© Port of Paris Authority /La Précision photographique D'autres exemples du même type pourraient être cités, au port de Clichy par exemple, ou encore pour la future plate-forme de Saint-Ouen l'Aumone pour laquelle un plan paysage a été élaboré. Mais la dernière opération en date, au coeur de la Capitale, semble approfondir encore la démarche.
De nouveaux lieux de vie au coeur de Paris
Trafic fluvial, logistique de proximité, respect de l'environnement, intégration architecturale, valorisation des berges et nouveaux espaces publics, diversité d'usages et temps partagé, tous les ingrédients - et les enjeux - d'une intégration innovante semblent cumulés sur le Port de Tolbiac, un port de transit de matériaux sur lequel sont implantés des centrales à béton. Le site est indispensable au Port mais également à la Ville de Paris qui l'a classé en zone "Grand Service Urbain". 280000 tonnes de matériaux passent par le fleuve chaque année à Tolbiac (soit près de 14000 camions en moins). Les centrales desservent les clients dans un rayon de 6 km.
Sur la partie aval, la refonte totale des installations a été engagée en 2002 par Holcim Bétons avec les services du cabinet d'architecture Althabegoity-Bayle. 3 millions d'euros ont été investis par l'industriel, soit 2 fois plus que le coût moyen d'une centrale. Les principaux dispositifs retenus pour la réduction de l'impact sur l'environnement ont été la construction sur pilotis pour réduire de 40 % l'emprise au sol, l'approvisionnement par bateaux, les mesures de réduction des émissions sonores et de poussière, le fonctionnement en circuit fermé pour réduire la consommation en eau et les rejets, le traitement des eaux de pluie. Cette intégration environnementale est étroitement liée à l'intégration architecturale de la centrale dans le paysage urbain, notamment par le choix des matériaux. Elle est complétée par une mise en lumière du site réalisée par Frank Franjou pour en faire un monument industriel et un outil d'animation quotidienne au fil des nuits et des saisons.
Centrale à Bétons Holcim © Port of Paris Authority Le Port autonome a engagé quant à lui 5,2 millions d'euros pour la restructuration du site et l'aménagement des espaces publics, en s'appuyant sur le cabinet d'architecte Jérôme Treuttel. Une seconde phase de travaux devrait démarrer mi-2008 sur la partie amont du port pour revaloriser les installations existantes (centrale à béton et site de valorisation des déchets) et créer un port public. Mais d'ores et déjà sur la partie aval une promenade piétonne est désormais ouverte en dehors des horaires d'exploitation (après 17h) et le week end. Ce nouvel espace urbain mixte, inauguré en novembre dernier, s'inscrit dans la prolongation des animations et des activités de loisirs déjà proposées sur les 2,1ha du port de la Gare, mais aussi des futurs aménagements des 3,5 ha du site Port d'Austerlitz.
Sur le site du Port d'Austerlitz.figure le dernier témoignage pour Paris des docks portuaires "les pieds dans l'eau" : les Magasins Généraux, bâtiments très représentatifs de l'architecture industrialo-portuaire du début XXème. Il a finalement été décidé de conserver et de réhabiliter ces entrepôts. Une partie a été concédée par le Port à la Ville de Paris. Elle a retenu en mars 2005 le projet "Docks de Paris" du groupement Caisse des Dépôts/Icade G3A" associés aux architectes Jakob et MacFarlane. Les "Docks de Paris" accueilleront sur une partie des bâtiments un pôle d'activités culturelles et de loisirs conçu autour de la "Cité du design et de la mode". Les travaux ont démarré en 2006 pour une ouverture prévue en 2008. La structure de béton existante sera enveloppée d'une "peau vitrée" affirmant la volonté d'ouverture sur le fleuve, une ouverture que renforcera le toit végétalisé qui accueillera également des animations.
Les "Docks de Paris" © Port of Paris Authority © Port of Paris Authority
De son côté le Port de Paris va engager la réorganisation de l'ensemble des espaces ouverts (quai et plan d'eau) avant d'entamer, entre 2009 et 2012, la réhabilitation selon une démarche HQE du pavillon des douanes, de la maison de la batellerie, et des pavillons 1 et 2 des anciens magasins généraux. Ces derniers accueilleront des bureaux et un espace pour la logistique. Le Port entend en effet créer également de nouvelles activités portuaires sur ce site : un espace logistique pour une distribution urbaine de petits colis, mais aussi une gare fluviale dédiée aux transports de passagers qui devrait être opérationnelle en 2008, un espace pour des bateaux de loisirs, et un quai de transit pour du trafic ponctuel de marchandises.
Intégration et mixité des activités, les solutions existent pour faire des villes portuaires des lieux animés et rythmés par la vie portuaire comme par les battements de coeur de la ville.
Le Port autonome et la Ville de Paris sont membres de l'AIVP
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