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Port Urbain

2 juin 2020

Sidewalk Labs abandonne son projet à Toronto

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Sidewalk Labs, la filiale qui avait été créée par Google pour développer ce projet « Quayside » sur le waterfront de Toronto, a justifié sa décision par les incertitudes économiques actuelles et la difficulté de rentabiliser le projet. Ils anticipent ainsi sur la décision que devait prendre Waterfront Toronto sur la poursuite de ce projet pour lequel Sidewalk fait une nouvelle proposition en juin 2019. Ils souhaitaient notamment étendre leur projet à 77 hectares contre 5 hectares initialement. Mais ce projet initié en 2017, avait rapidement suscité le débat comme nous vous l’avions signalé en juillet dernier. Présenté comme un laboratoire pour une smart city exemplaire, il avait en particulier soulevé la crainte quant à l’utilisation des données privées recueillies par les multiples capteurs qui devaient être installés. La nouvelle proposition de juin 2019 restait floue sur ce point. Développer la ville intelligente avec le citoyen ? Un beau sujet de table-ronde pour l’AIVP…

Sidewalk project ; Sidewalk Blog ; La presse canadienne ; L’Usine Digitale ; Canadian Architect

2 juin 2020

A Valence, la reconversion des Tinglados 4 et 5 se poursuit

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Un moment stoppé par l’épidémie du COVID-19, la réhabilitation de ces célèbres hangars du port a pu reprendre. Ils accueilleront des activités culturelles et innovantes. Ils créeront par la même de nouvelles relations entre la Marina de Valence et la ville. Cela sera également le cas avec le petit espace paysager et la piste cyclable dont les travaux ont également commencé.

El periodic ; Economia3

2 juin 2020

San Diego (USA) : la construction du Bayside performance park et de son auditorium à ciel ouvert sur le waterfront va commencer

San Diego Downtown news

2 juin 2020

En Irlande le port de Cork pourrait s’inspirer de Bordeaux pour la reconversion de son waterfront

Irish Examiner

27 mai 2020

Boston : gentrification climatique ?

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Nous avons eu l’occasion à plusieurs reprises de vous présenter la stratégie de la ville de Boston face au changement climatique et à la montée du niveau des mers : plutôt que de construire uniquement des digues et murs de protection, elle s’appuie sur l’idée de construire avec la nature avec l’aménagement de parcs, zones humides, etc. pour amortir les épisodes d’inondation. Mais les projets d’aménagement urbain sur ces sites les rendront aussi beaucoup plus coûteux et accueilleront des résidents plus riches : un phénomène de gentrification assez classique. Qu’en est-il des communautés qui étaient jusqu’alors présentes ? Devront-elles se déplacer ? Et leurs nouveaux lieux de résidence seront-ils eux aussi protégés face à ces risques inondations ? C’est cette « gentrification climatique » que le responsable de l’Environnement, de l’énergie et des espaces publics veut éviter.

The Guardian

27 mai 2020

Une nouvelle gouvernance pour le patrimoine

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L’idée d’économie circulaire a fait peu à peu son chemin. Peut-on s’inspirer de ses concepts pour imaginer une « gouvernance circulaire » portant sur la réutilisation du patrimoine culturel urbain ? C’est la question que se sont posée 16 villes membres du réseau européen de l’ICLEI. Le rapport de synthèse de ce projet est désormais disponible. Il définit et illustre comment une nouvelle approche est possible pour réutiliser, financer et entretenir durablement le patrimoine culturel.

Iclei ; Synthesis Report

 

27 mai 2020

Aménagé au bord du fleuve, le nouveau siège de la CECEP conçu par Zaha Hadid Architects sera le bâtiment le plus vert de la Ville de Shanghai

World Architecture ; Archinect

20 mai 2020

Amsterdam lance une nouvelle phase de sa stratégie en faveur de l’économie circulaire

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En 2015 la ville d’Amsterdam avait commandité une étude en profondeur pour évaluer l’impact d’une transition vers une économie circulaire. Elle avait confirmé tout le potentiel en matière de réduction de la pollution, création d’emplois et développement économique. Les discussions avec la population et la communauté d’affaires avaient ensuite conduit à l’élaboration d’un plan stratégique 2020-2025. Le Port aura un rôle important à jouer dans cette stratégie, comme nous vous l’avions signalé dans notre news du 16 avril dernier. L’objectif pour la Ville est d’avoir une économie totalement circulaire à l’horizon 2050. Une quatrième phase vient donc d’être lancée. Plus de 200 projets sont annoncés pour l’année à venir.

Cities Today ; Amsterdam Circular Economy Policy

20 mai 2020

Des parcs pour faire face aux tsunamis

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Comment lutter contre l’énergie dévastatrice de l’eau qui frappe les côtes et les habitations lors des tsunamis ? Selon ces chercheurs il est plus judicieux d’aménager des parcs sur le waterfront plutôt que de construire des digues de protection. Ces parcs paysagers sont une solution moins coûteuse qui intéressera donc en particulier les pays les moins riches. Ils permettent de préserver le cadre naturel ou, à tout le moins, de proposer un paysage aménagé qui peut aussi devenir lieu de promenade.

The Verge

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Port Citoyen

2 juin 2020

Comment les ports peuvent-ils réduire de 50% leurs émissions d’ici 2030 ? Une piste de recherche : la coopération est essentielle

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Le North Sea Port et le Port d’Anvers dévoilent de nouveaux projets visant à la réduction drastique des émissions de CO2. Le projet Antwerp@C, piloté par le port d’Anvers, rassemble les leaders de l’industrie chimique et du secteur de l’énergie pour trouver des solutions viables afin de réduire les émissions portuaires moyennant la capture et l’utilisation ou le stockage du CO2. La deuxième étape de ce projet lancé fin 2019 sera la recherche de subventions européennes. À North Sea Port, un consortium transfrontalier dirigé par Smart Delta Resources, avec le soutien de plusieurs entreprises et du Port, a pris des mesures destinées à réduire sensiblement les émissions dans la région. L’objectif est de capturer le CO2 pour le réutiliser ou pour le stocker sous terre. Cette technologie devrait permettre de réduire les émissions de CO2 de 30%. Une étude de faisabilité est en cours et doit être achevée avant la fin de l’année.

Port of Antwerp, North Sea Port

2 juin 2020

Des événements culturels « drive-in » dans le Port de Québec. À partir du 19 juin, les Québécois pourront assister à des spectacles d’artistes locaux organisés par Beauport Bay depuis leur voiture, distanciation physique oblige.

Musiparc

2 juin 2020

Le port de Rotterdam a annoncé qu’il allait procéder à de nouvelles donations par l’entremise de son fonds communautaire afin de soutenir des projets destinés à faire face aux conséquences du Covid-19.

Safety 4 Sea

2 juin 2020

Le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche lance deux appels à projets sur le thème des ports et de l’espace maritime. Le premier se réfère à la création de clusters portuaires innovants dans l’Atlantique et le second à l’aménagement de l’espace maritime. Clôture le 10 septembre.

European Commission

27 mai 2020

Innovantes ou traditionnelles, toutes les approches sont les bienvenues pour construire une ville portuaire durable

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Les villes portuaires du monde entier développent des projets destinés à réduire les externalités négatives des activités portuaires. En Espagne, le gouvernement vient d’autoriser le port de Valence à construire une unité de production électrique d’une capacité de 30 Mégawatts, un premier pas vers le zéro carbone envisagé pour 2030. Toujours en Espagne, le port de Barcelone a lancé un service gratuit de conseil en développement durable destiné à aider les utilisateurs du port à calculer les émissions de la chaîne logistique et faciliter la prise de décision pour un transport plus vert. Un autre champ d’étude prometteur est celui du carbone bleu ou le rétablissement du processus selon lequel les plantes marines capturent le CO2 pour le transformer en sédiments. Le port de Seattle (USA) s’associe aux Washington State Departments en vue d’étudier les avantages que présente le procédé. Enfin, une autre façon de réduire les émissions polluantes est de n’en pas produire du tout en développant le transport zéro carbone, à l’instar du projet TOWT – Transport à la Voile accueilli par le port du Havre.

Europa Press – Barcelona, El Periódico de la Energía – Valencia, Green Marine – Seattle, Twitter – Le Havre

27 mai 2020

Les villes portuaires de San Antonio et Valparaiso manifestent leur engagement envers la communauté locale

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Au cours des dernières semaines, les deux villes portuaires chiliennes ont pris des mesures essentielles pour soutenir les travailleurs, les enfants et les petites entreprises. Comme on l’a vu dans nos newsletters précédentes, les concours de dessin ont remporté un franc succès auprès des enfants qui ont ainsi pu rester en contact avec le port. Presque 600 enfants ont participé au concours organisé conjointement par le port de Valparaiso et le musée d’art local. De la même manière, le port de San Antonio invite les enfants de 6 à 13 ans à participer au concours « Dessine ton port à la maison », organisé en collaboration avec un journal local. Au cours de cette crise, les deux ports ont été à l’origine de nombreuses actions sociales. Ils ont poursuivi les opérations de désinfection, distribué des paniers alimentaires aux travailleurs portuaires et organisé des campagnes de vaccination. Le port de San Antonio a en outre décidé de réduire de manière significative le loyer des boutiques d’artisans présentes le long du waterfront.

Radio Festival, Soy Chile, Soy Chile, Port Valparaíso, Soy Chile, Portal Portuario

27 mai 2020

Lancement de la 9ème édition du trophée du port de Tarragone (Espagne) ouvert aux chercheurs en sciences sociales auteurs de travaux sur l’histoire du port.

Port Tarragona (PDF)

27 mai 2020

Le Port de Talcahuano réaffirme son engagement pour l’égalité femmes-hommes. Le port sera la première entreprise publique chilienne à ratifier la règlementation nationale NCh 3262 sur l’égalité des genres et la conciliation entre la vie professionnelle et la vie privée.

Mas Container

27 mai 2020

Transport fluvial : une solution d’écomobilité. Le directeur général de Voies navigables de France (VNF) défend la modernisation des voies d’eau pour faire face aux enjeux de la logistique durable : une barge sur la Seine équivaut à 400 camions sur le périphérique.

France Info

20 mai 2020

Le programme de nettoyage du fjord d’Oslo donne de bons résultats. Un suivi permanent a permis d’observer que l’eau et le fond du fjord étaient plus propres et que de nouvelles espèces de faune peuplaient la zone. Ce résultat est le fruit d’un travail de collaboration entre la Ville, le Port et diverses agences urbaines.

Port of Oslo

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Port Entrepreneur

12 juillet 2012

13e Conférence mondiale Villes et Ports : leçons de Saint Nazaire et de Nantes

La 13e Conférence Mondiale des Villes Portuaires organisée à Saint Nazaire et Nantes du 18 au 21 juin 2012 a rassemblé 450 participants originaires de 46 pays. Cette conférence mondiale de l’AIVP avait pour ambition de faire le point sur les réponses apportées par les acteurs  des villes portuaires à leurs problématiques de développement. L’angle d’approche des projets ville-port choisi cette fois par l’AIVP était celui de la place du port et de ses fonctions dans la mise en œuvre des stratégies de développement durable des villes et régions portuaires.

La globalisation, dont les effets sur les ports et les villes étaient plus au cœur des réflexions au cours de ces dernières années, est aujourd’hui parfaitement ingérée par les territoires. Les participants à cette dernière conférence AIVP ne s’interrogent plus sur la globalisation mais ont révélé l’émergence de nouvelles stratégies territoriales et de coopération en l’illustrant de nombreux exemples: transition et reconversion énergétique de territoires villes et ports, les nouvelles coopérations entre les activités portuaires, les filières industrielles, et les sphères universitaires et de la recherche, gouvernances « sur mesure », associant en particulier les citoyens, pour faciliter et accélérer les mutations et adaptations économiques, urbaines, sociales…

A travers les échanges d’expériences organisés autour des projets développés dans des villes portuaires de tous les continents, la première des constatations à effectuer est que la question du lien ville-port reste centrale près de 25 ans après la fondation de l’AIVP. Au-delà des stratégies classiques de récupération à des fins urbaines pour des projets de « waterfront » des espaces portuaires délaissés, c’est toute la question de la gouvernance ville-port qui est posée. La question de l’intégration ville-port du « comment faire le port avec la ville » est au cœur des débats dans la plupart des villes portuaires. Les projets de développement urbains sont aujourd’hui beaucoup plus que des projets d’amélioration ou de reconversion des interfaces ville-port, ils procèdent d’une réflexion globale sur l’identité et les spécificités de la ville portuaire contemporaine où l’intégration des fonctions urbaines et portuaires trouve toute sa place.

Cette nouvelle conférence de l’AIVP a permis de prendre la mesure des enjeux locaux, qui vont désormais bien au-delà des stratégies d’urbanisme pour aborder très directement des notions plus globales de performance économique, de bien-être des citoyens et de développement durable.

A cet égard, la création dans de nombreuses villes portuaires de centres de recherches qui constituent autant de « think tank » sur les problématiques de développement locales est révélatrice. Elle témoigne de la volonté des acteurs locaux de placer l’innovation au cœur de leurs réflexions stratégiques pour répondre aux enjeux globaux économiques mais aussi sociaux et environnementaux. Elus, dirigeants portuaires, entreprises se mobilisent clairement en faveur d’un nouveau souffle pour les villes et régions portuaires.

La problématique de l’énergie constitue sans doute une assez bonne illustration de ce phénomène. Face au défi énergétique et industriel représenté par la disparition programmée des énergies fossiles, les villes portuaires se mobilisent. Les infrastructures portuaires existantes, la densité des réseaux et la proximité des centres de production industrielle et de consommation font des villes portuaires des lieux privilégiés pour la mise en œuvre et l’expérimentation d’énergies renouvelables liées à leur environnement marin ou fluvial et de systèmes d’écologie industrielle liées au tissu économique. Eolien offshore, hydroliennes, énergie thermique des mers ou mécanique de la houle, voir production d’hydrogène sur des plates formes offshore sont autant de voies explorées ou qui font déjà l’objet de paris industriels. En devenant ainsi producteur d’énergie, le port ajoute à ses fonctions classiques au service du transport des marchandises une nouvelle filière et un nouveau challenge. Il y gagne aussi une nouvelle image vis-à-vis de la communauté et des populations.

Toujours dans le cadre de cette recherche d’un nouveau souffle pour les villes et régions portuaires, le débat s’ouvre autour des questions de la multimodalité et des nouvelles stratégies territoriales. Les initiatives ayant recours à la voie d’eau pour assurer la logistique de proximité dans les grandes villes se multiplient et deviennent économiquement rentables autant que souhaitables du point de vue environnemental et de l’aménagement urbain. A travers le port et ses fonctions, le lien se fait ainsi mieux entre la ville portuaire et la région métropolitaine.

Après le temps de la coexistence des premières années de l’AIVP, puis de la cohabitation organisée entre ville et port, et au-delà même des coopérations sectorielles qui se développent aujourd’hui, l’heure semble désormais à la mise en œuvre de partenariats plus étroits, voire même, à la mutualisation des ressources et des territoires. Mutualisation à l’échelle locale entre ville, port et leurs partenaires, mais aussi à l’échelle régionale.

Dans un contexte de crise économique et environnementale globale le jeu de la concurrence se déplace. Les villes portuaires d’un même territoire géopolitique et économique s’allient désormais pour constituer des ensembles plus cohérents et plus concurrentiels face à d’autres régions du monde. Cette 13e Conférence de l’AIVP a montré que les « gateways » et « clusters » régionaux, nationaux voire transnationaux se multiplient. Il s’agit désormais de promouvoir, autour des fonctions portuaires, un développement territorial régional associant plusieurs villes et plusieurs ports et capable d’intégrer et de traiter simultanément, en leur accordant le même degré d’importance, les problématiques sociales, économiques et environnementales.

Nous avons peut-être là le message le plus fort donné par l’Estuaire de la Loire aux délégués participant aux travaux de l’AIVP : la réponse aux défis globaux suppose désormais d’avoir la capacité et l’intelligence de faire évoluer les villes portuaires de la compétition à la coopération !

www.citiesandports2012.com

11 avril 2012

Monde en crise, villes portuaires en devenir

Si j’en crois les informations véhiculées par les médias, les commentaires de nombreux acteurs de terrain économiques et politiques et tout récemment les conclusions du rapport remis le 30 janvier dernier au Secrétaire Général des Nations Unies, tout porte à croire aujourd’hui, que la profonde crise économique et sociale que traversent la plupart des pays développés, n’est pas qu’un simple accident de croissance mais, bien au contraire, un rappel sévère de la fragilité d’un modèle de développement incompatible avec l’évolution des données démographiques, géopolitiques et environnementales mondiales.De crises en crises, 20 ans après Rio

Le prochain Sommet de la Terre Rio+20 ne manquera pas de le rappeler au mois de juin prochain : pour assurer d’ici le milieu de ce siècle, à 7 milliards d’humains, un monde encore viable et en paix, il est urgent de prendre acte du découplage ressources / démographie pour construire un développement économique et social totalement nouveau, moins inégalitaire, respectueux des équilibres écologiques locaux et globaux, et économe en ressources. La crise des dettes souveraines européennes après la crise des dettes des ménages vient tristement nous rappeler qu’un modèle de développement sociétal basé sur une consommation croissante de biens et services conduit à une impasse économique, environnementale et politique.

En tant qu’organisation mondiale réunissant les acteurs politiques et économiques des places portuaires, l’AIVP a bien entendu été très attentive depuis sa création, il y a plus de vingt ans, aux contextes global et local dans le cadre desquels les projets des villes et des ports pouvaient s’épanouir. Déjà, en 1993, notre charte de Montréal reprenait les conclusions du premier Sommet de la Terre de Rio et encourageait des acteurs des villes et des ports à intégrer les préoccupations environnementales dans leurs stratégies de développement. Nous n’avons eu de cesse depuis, à l’issue de nos échanges d’expériences, d’exhorter les acteurs locaux à réfléchir en termes de développement durable (Cf. notre Charte de Sydney de 2006 et notre Déclaration de Buenos Aires de 2010) et nous avons toujours valorisé les initiatives des villes et des ports qui mettaient en œuvre des solutions innovantes.

Le temps de la remise en question

Acteurs essentiels de chacune de ces villes portuaires, les autorités portuaires sont fortement incitées à réfléchir sur la pertinence à moyen et long termes de leurs stratégies et leurs politiques de développement. Pendant des décennies, la quantité de tonnes manutentionnée a été le principal – sinon le seul – critère de performance portuaire avec toutefois des pondérations visant à établir que « toutes les tonnes n’ont pas le même poids! « . Cette curieuse formulation visait naturellement à expliquer que la valeur économique de la tonne transportée par conteneurisation est largement supérieure à la tonne de vrac. Les essais de corrélation des tonnages manutentionnés avec « l’économie réelle » de la ville portuaire en termes de création d’emploi par exemple ont donné lieu à des discussions sans fin sur les méthodologies employées. Le développement spectaculaire des activités liées au secteur logistique a certes créé des centaines d’emplois nouveaux, mais souvent peu qualifiés et en nombre souvent inférieur aux attentes des élus locaux. Au final, la révolution logistique n’a pas permis de compenser la baisse régulière du nombre d’emploi dans les grandes zones industrialo-portuaires du milieu du XXe siècle.

Dans ce contexte de déclin de la dynamique de l’emploi pour la plupart des places portuaires industrielles des pays développés, la crise économique mondiale de 2008 a largement contribué à dramatiser une situation déjà difficile. La chute de la consommation mondiale a très vite eu des conséquences sur l’activité portuaire qui s’est parfois effondrée dans des proportions extrêmement importantes, parfois près du tiers de l’activité pour certains ports moyens en Espagne par exemple en 2009. Dans la plupart des pays développés, la foi, certains diront l’aveuglement, en une croissance exponentielle de l’activité portuaire a été sérieusement mise à mal par la baisse significative et durable des échanges. L’avenir et une analyse fine des trafics nous diront si la reprise constatée un peu partout en 2011 est purement « technique » ou si elle traduit une nouvelle dynamique économique qui se met en place. Il sera alors particulièrement intéressant pour les villes et les régions portuaires de regarder de près l’évolution des flux et d’en tirer les conséquences en matière de stratégies industrielles. Même si pour l’heure, les volumes de marchandises affichent pour certains ports importants une progression à deux chiffres et si les flux notamment Sud-Sud se réorganisent et vont profiter à de nouveaux ports, l’attentisme et la prudence des acteurs locaux et des investisseurs sont encore le plus souvent de mise pour les projets.

Imaginer une croissance durable….

La croissance est morte, vive la croissance ! Cet optimisme affiché pour une nouvelle croissance, l’est surtout pour une autre croissance. Une croissance soutenable et responsable qui reste encore largement à inventer mais dont on peut voir un peu partout, dans les pays émergents comme dans les pays développés les premiers résultats. A cet égard, les villes portuaires constituent des laboratoires d’expérimentation formidables. Au cœur de régions urbaines denses, elles associent souvent à un socle industriel développé et fortement lié à la globalisation par les fonctions portuaires, des problématiques environnementales et sociales complexes. Les villes portuaires sont, sans doute plus que d’autres pôles urbains, des villes en mouvement, portées par les évolutions technologiques et sociétales globales. Elles sont aussi exposées d’autant plus fortement aux crises de tous ordres. Pour s’adapter aux cycles économiques, les villes portuaires ont toujours dû innover. Celles qui n’ont pu ou su le faire ont inexorablement décliné. Aujourd’hui, force est de constater le foisonnement de projets : les projets d’éoliennes off shore pour une énergie propre se multiplient en Allemagne, au Royaume-Uni et partout en Europe créant de nouvelles filières économiques et des emplois ; Venise développe dans sa lagune les biotechnologies marines de demain pour une nouvelle industrie respectueuse de l’environnement ; Copenhague réinvente sur ses friches portuaires une ville durable exemplaire ; Los Angeles, se pose en champion de la lutte contre les GES dans sa gestion du trafic portuaire…

Nous en débattrons dans le cadre de la prochaine Conférence Mondiale Villes et Ports organisée par l’AIVP à Nantes et Saint-Nazaire du 18 au 21 juin prochains. Toutes ces villes ont compris que le port, son savoir-faire, son territoire et ses fonctions étaient toujours une force et un atout majeur dans ce nouveau cycle de développement qui s’ouvre. Toutes ces villes se sont posé la question des stratégies ville-port à conduire aujourd’hui pour garder des emplois et produire des richesses dans un contexte mondial de recherche du développement durable qui ne pourra que s’imposer dans les prochaines décennies. Anvers, Rotterdam, mais aussi Le Havre, Santos, Singapour et bien d’autres encore, se posent aujourd’hui ces questions essentielles pour leur avenir.

Urbain, entrepreneur, citoyen, le nouveau temps du port ?

Au-delà de la problématique des « friches portuaires » à reconvertir pour de nouveaux usages urbains, thème suivi depuis plus d’une vingtaine d’années par l’AIVP, la question d’une mixité productive des fonctions portuaires et urbaines est posée clairement par de nombreuses villes portuaires. La nécessité de la mise en place d’un développement durable et d’une maîtrise des émissions de GES donne à la présence du port urbain un intérêt renouvelé. Rendre la ville plus attractive, plus compacte mais aussi plus mobile est un enjeu stratégique et, à cet égard, le port peut constituer un atout décisif : accueil des navires de croisière au plus près des centres-villes comme à Malaga ou Hambourg pour générer une nouvelle dynamique commerciale ; réutilisation des bassins anciens pour les activités liées à la navigation de plaisance comme à Barcelone ou au Havre ; utilisation de la voie d’eau pour l’acheminement des pondéreux en cœur de ville comme à Séville, Paris, Bordeaux… permettent une nouvelle valorisation du patrimoine portuaire pour un renouvellement urbain durable.

Acteur du développement urbain durable, le port est aussi placé aujourd’hui au cœur des nouvelles stratégies industrielles. Les nouvelles filières économiques liées aux énergies renouvelables telle l’éolien off shore à Bremerhaven ou à Saint-Nazaire, les hydroliennes, les énergies thermiques des mers ou les fermes houlomotrices en projet dans de nombreuses régions du monde créeront les emplois de demain. Les villes portuaires se préparent à les accueillir. L’écologie industrielle est un concept d’avenir pour les villes et régions portuaires qui sauront associer dans une même stratégie développement industriel et ville durable. Les activités portuaires de niche autour des activités de recyclage des matériaux sont aussi désormais considérées avec attention par les autorités portuaires en quête de diversification des trafics.

Le port s’affiche aussi de plus en plus citoyen. S’intégrer à la vie de la cité, refaire le lien avec la population pour favoriser la dynamique de développement ville-port deviennent indispensables. Les Port Centers se multiplient en Europe sur les modèles d’Anvers, de Rotterdam, Gênes ou Melbourne. Les programmes d’éducation portant sur la place de la ville portuaire dans les nouvelles dynamiques commerciales et industrielles mondiales participent à la construction de chaque ville portuaire.

Le temps du port est là. Qu’il soit urbain, entrepreneur ou citoyen, le port se veut aujourd’hui un partenaire incontournable du développement durable des villes et régions portuaires.