L’émergence de la bio-économie dans les principaux ports flamands

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GENES_colpaert_vignetteLes ports flamands d’Anvers, Gand, Zeebrugge et Ostende revêtent une importance majeure pour l’économie flamande. On y recense une grande concentration d’activités directes ou indirectes : trafic maritime, stockage, distribution, logistique à valeur ajoutée, liaisons avec l’hinterland et divers clusters industriels (acier, automobile, vrac agroalimentaire, papier, énergie et produits chimiques). Chacune de ces activités est source d’emploi et de valeur ajoutée. Même si, au cours de la dernière décennie, le trafic maritime des ports flamands a continué de croître, l’emploi, dans son ensemble, a stagné : il a diminué dans le cluster industriel mais il a progressé dans celui de la logistique maritime.
Dans l’immédiat, la question se pose de savoir si l’émergence de la bio-économie dans nos ports peut contribuer à enrayer cette tendance. À l’heure actuelle, plusieurs entreprises vertes ont déjà fait leur apparition dans les ports de Gand, Anvers et Ostende (aucune dans le domaine de la santé et le secteur pharmaceutique). Toutefois, l’impact qu’elles ont sur l’emploi est encore relativement modeste.
Bien que de nombreuses incertitudes subsistent, l’attractivité des ports flamands en général et de la bio-économie en particulier est assez impressionnant : nouveaux espaces dédiés à la bio-économie, centres d’expertise, développement d’innovations techniques et non-techniques, pépinières et usines pilotes dont l’objectif est de combler le fossé entre la faisabilité scientifique et les applications industrielles, intégration, étape par étape, de la bio-économie dans les clusters  ((pétro)chimie, énergie, papier et vrac agroalimentaire), main d’œuvre hautement qualifiée et productive, autorités portuaires qui servent d’intermédiaires entre toutes les parties prenantes, développement de liens stratégiques entre les bio-industries aux échelles mondiale et locale, et, enfin, et ce n’est pas le moins important, développement de services portuaires et d’éco-services de qualité susceptibles de relancer la croissance de l’emploi à la fois en milieu portuaire et en milieu urbain (ingénierie, recherche et développement, formation et éducation, services juridiques et financiers, TIC, assurances et gestion des risques, conseil fiscal, certification des bioprocédés et des matériaux biosourcés durables, administration…).
À cet égard, il est clair que le développement de la bio-économie dans nos ports contribue au renouement des relations ville-port (via les centres d’expertise, une intégration dans la culture d’innovation de la région, des services portuaires et des éco-services de qualité, du personnel hautement qualifié, une meilleure disponibilité du capital d’amorçage et du capital-risque, les possibilités de coopération entre entreprises connexes, les échanges de matières résiduelles entre industries, la gestion des déchets et de l’énergie)… Mais la question est de savoir si cela sera suffisant pour assurer la transformation durable de ces « villes où il existe un port » en de véritables villes-ports.

Toon Colpaert (02.09.1949) is the regional port commissioner of the Flemish government (in case the Minister of Mobility and Public Works). He holds a MSc in economics of Ghent University and lives in the centre of Bruges (near the Spinolarei). Most of his interests include port regulation, port governance, ports and employment, ports as hybrid or shared value organizations, and the hinterland connections of ports.

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