Compte rendu

Les interventions

Les perspectives de la zone industrialo-portuaire de Fos : écologie industrielle et transition énergétique

Hervé Moine, Responsable de l’Activité Planification & Territoire, Département Environnement et Aménagement, GPMM
Jérôme Giraud, Chef de Département Développement des Projets et Filières, GPMM

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Présentation générale des projets et de la charte ville-port

Régine Vinson, Chef de la Mission Relations Ville/Port, Direction du Développement, Grand Port Maritime de Marseille

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Les photos

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Information complémentaire

La Galerie France 5, une émission de Laurence Piquet pour France télévision (durée 1h15), avec au programme une reportage de Thomas Briat : « Un musée pour la Méditerranée – Le Mucem », avec la participation de Rudy Ricciotti.

Accéder à la vidéo – disponible jusqu’au 26 octobre 2013

Synthèse

Un port au service du territoire

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C’est un programme très dense qui attendait les participants du voyage d’étude organisé par l’AIVP et le Grand Port Maritime de Marseille. La qualité des intervenants mobilisés, les discussions et les réponses détaillées faites aux participants, auront permis de découvrir les multiples facettes des projets et stratégies encore en définition, des réalisations en cours ou des aménagements déjà opérationnels. La baisse des trafics pétroliers semble désormais irréversible. Le Port de Marseille se tourne vers l’avenir : valorisation, synergie, mutualisation, décarbonisation sont les piliers d’une nouvelle stratégie. Dans le même temps, avec la métropolisation de Marseille en marche, le port disposera  bientôt d’un partenaire institutionnel à l’échelle de son territoire. La cohérence de vision et d’action peut devenir réalité.

Retour sur un voyage très enrichissant pour tous !

Une stratégie industrielle renouvelée et ambitieuse

La première partie du programme a permis de prendre la mesure des nouveaux enjeux du pôle portuaire de Fos et de découvrir in situ le terminal LNG, le terminal conteneur et leurs projets d’extension.

Les participants du voyage d’étude retiendront surtout la volonté du port de se saisir pleinement de ses nouvelles fonctions d’aménageur public pour ce territoire et de « facilitateur » d’activités pour, en particulier, relever le défi de la transition énergétique et en faire émerger de nouvelles opportunités de croissance. Toute la difficulté de cette ambition réside dans un changement profond de modèle aussi bien pour le port lui-même que pour les entreprises présentes : comment passer du modèle de la zone industrialo-portuaire des années 1970 où les entreprises sont venues s’implanter sans réel souci de l’environnement, ni de ce que faisait l’entreprise voisine, à un nouveau modèle industriel plus durable s’appuyant sur l’écologie industrielle et la mutualisation des ressources ?

Le contexte actuel de la crise du raffinage, la fin d’un modèle économique fondé sur l’illusion de ressources infinies et la volonté politique française d’un engagement vers la transition énergétique sont autant de facteurs d’accélération d’une démarche lancée par le port dès 2004. Celle-ci entre désormais dans une phase de maturité. Les multiples interactions entre les entreprises présentes et entre les énergies disponibles ont été modélisées par le port en appui notamment avec les chercheurs de l’Ecole des Mines d’Alès. Cette modélisation, véritable écosystème économique, s’avère être un outil précieux d’aide à la décision pour une nouvelle lecture du territoire permettant de développer des synergies et d’identifier de nouvelles filières exploitant le mix énergétique de la zone : éolien onshore et offshore, captage de CO2, ou encore exploitation d’une nappe d’eau chaude profonde (60°C à -1000 m) d’une surface équivalente au lac Léman.

Dorénavant, selon Hervé Moine, Responsable de l’Activité Planification & Territoire, et Jérôme Giraud, Chef de Département Développement des Projets et Filières au Port de Marseille, la mise en œuvre de ce nouveau modèle pour développer de nouvelles activités rentables créant de la valeur sur le territoire et de l’emploi passera par un maître-mot, le « décloisonnement ».  Décloisonnement entre industriels, décloisonnement entre prestataires de services logistiques et portuaires, décloisonnement à l’échelle territoriale entre les différentes entités administratives (9 intercommunalités sur le territoire du port) et décloisonnement entre les différents composants du mix énergétique qu’il faut parvenir à faire fonctionner ensemble. Hervé Moine et Jérôme Giraud soulignent par ailleurs que si le port, dans son rôle d’aménageur public, n’allait pas au bout de cette mission, les opérateurs privés finiraient par imaginer des collaborations « B to B » qui s’avèreraient bien moins profitables pour le territoire.

Continuant leur programme de visites, c’est autour de la notion de « service au territoire » que les participants ont pu découvrir la plate-forme logistique Sogaris. Ce groupe d’immobilier logistique est membre de l’AIVP depuis 2006. Cette plateforme logistique implantée à la fois au cœur même de la ville et à proximité immédiate du port constitue pour ses utilisateurs un atout essentiel renforçant leur efficacité économique, leur réactivité et leur souplesse d’organisation. La plateforme permet aussi une logistique du dernier kilomètre plus rapide et plus verte avec l’utilisation par certains clients de véhicules de distribution électrique. Le territoire dans son ensemble en sort donc gagnant. Il faut ajouter à cela une production d’énergie photovoltaïque sur les toitures qui permet de couvrir tous les besoins de la plateforme.

Co-développement et mixité verticale Ville Port

Les membres de l’AIVP ont eu l’occasion régulièrement de suivre l’évolution du rapport Ville Port à Marseille notamment depuis la création par l’Etat en 1995 de l’Etablissement public Euroméditerranée qui, compte tenu de son périmètre, conduit la plus grande opération d’aménagement en France. Notre voyage d’étude s’est déroulé à un moment particulièrement propice pour découvrir cette opération : les autorités portuaires et urbaines viennent tout récemment de signer la Charte Ville-Port. Cette dernière confirme la vocation mondiale des installations portuaires de Fos et définit de nouveaux contours pour la façade maritime marseillaise autour de bassins confortés dans leur rôle de port de la Méditerranée. On peut y lire : « Les bassins de Marseille resteront le port des trafics intra-méditerranéens de remorques et de conteneurs dont la croissance est soutenue. Polyvalent et adaptable, le port de Marseille répond aussi parfaitement aux besoins des opérateurs méditerranéens de passagers (…) et de marchandises« .

Dès lors, les 10 kilomètres de littoral marseillais sont aménagés pour répondre tant sur le plan des espaces que sur celui des fonctions à cet objectif : un secteur Nord pour le pôle dédié à la plaisance et au tourisme nautique ; un secteur central pour les trafics marchandises et passagers tournés vers la Méditerranée, ainsi que pour la réparation navale ; enfin, un secteur Sud conçu comme une vitrine du rayonnement urbain et portuaire. Les participants ont pu visiter de nombreux équipements majeurs.

Premier d’entre eux, avec une ouverture en 2011, le Silo d’Arenc conçu par Eric Castaldi et réalisé en collaboration avec le cabinet Carta symbolise la volonté d’intégration et de mixité ville-port. Non seulement l’opération a permis la sauvegarde et la valorisation d’un patrimoine portuaire exceptionnel mis au service des citoyens, mais la fonction portuaire au niveau des quais a pu être maintenue. Le Silo accueille aujourd’hui des bureaux et une superbe salle de spectacles polyvalente, modulable (1600 à 2300 places) et à l’acoustique exceptionnelle. Ceci était d’autant plus difficile à obtenir que le silo est implanté au cœur d’un secteur économique connaissant une forte activité transport.

La visite du chantier des Terrasses du Port avec Sandra Chalinet, Directrice du projet pour l’opérateur Hammerson a permis de percevoir les contours de cet espace commercial mixant lui aussi les fonctions portuaires et urbaines :  23000 m² dédiés à un terminal passagers au niveau 0, et  52000 m² dédiés aux commerces et aux loisirs aux niveaux 1 et 2. En niveau 2, le bâtiment propose également une promenade extérieure donnant sur la rade de Marseille et l’activité portuaire. L’équipement est complété par un toit terrasse de 3000 m² pour de l’événementiel. L’ouverture est prévue pour mai 2014 et 90% des emplacements « boutiques » sont déjà commercialisés. Cette nouvelle offre commerciale en centre-ville couplée aux projets également en cours dans les Docks de la Joliette voisins renforcera l’attractivité de tout ce secteur. Reste une question : les autres quartiers de la ville en souffriront-ils ?

Les projets pour le hangar J1, voisin des Terrasses du Port, confortent cette volonté de réouverture de la façade maritime. A l’occasion des festivités « Marseille Provence, capitale européenne de la culture 2013 » le « J1 » a été partiellement réaménagé pour pouvoir accueillir des expositions sur 6000 m². Les participants ont pu découvrir l’exposition de qualité consacrée à Le Corbusier. A terme le J1 aura vocation à accueillir des expositions plus modestes renouvelées fréquemment. Le Port envisage également d’y transférer son siège social  sur une partie du niveau 1. Un appel à idées est en cours pour la réhabilitation complète de ce hangar au formidable potentiel. Le niveau 0 et les bassins de part et d’autre accueilleront une activité de grande plaisance : la mixité ville port toujours et encore à l’honneur !

A l’autre extrémité de ce secteur, tout juste inaugurés pour les manifestations culturelles de l’été 2013, la Villa Méditerranée conçue par Stéfano Boéri et surtout le très médiatisé « Mucem » avec son enveloppe spectaculaire en résille de béton marquent le territoire, trait d’union avec les quartiers historiques de Marseille et le Fort Saint-Jean désormais ouvert à la population. Rudy Ricciotti, architecte du projet, s’exprimant devant le groupe AIVP, a ainsi souhaité que le lieu jouisse d’une « grande porosité spatiale ». Dès le départ, il a ainsi imposé que les passerelles, la terrasse et les rampes qui tournent autour du bâtiment restent des espaces publics accessibles gratuitement. Au-delà de la prouesse architecturale, à travers laquelle Rudy Ricciotti rend un hommage aux savoir-faire des ingénieurs, le Mucem est en soi « un territoire et ses rampes une ballade » pour observer et comprendre le territoire Ville Port de Marseille, l’équipement idéal pour conclure un voyage d’étude AIVP.

2 réflexions au sujet de « Compte rendu »

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