La croisière en Italie, une filière d’avenir à organiser d’urgence

Livourne140La ville portuaire de Livourne, membre actif de l’AIVP, a accueilli la troisième édition de « l’Italian Cruise Day » le 25 octobre. L’étude « Italian Cruise Watch 2013 » réalisée par le consultant « Risposte Turismo » a été présentée et débattue lors de cette rencontre. On constate que l’activité croisière mondiale est, malgré la crise, en constante augmentation, et constitue un enjeu majeur pour les villes portuaires italiennes qui se situent parmi les destinations les plus convoitées au niveau mondial.

Quarante quatre ports italiens sont aujourd’hui concernés par le trafic croisière. En 2012 toutefois, 50% de ce trafic de plus de 10 millions passagers, est capté par seulement trois ports : Civitavecchia, Venise et Naples. Si on élargit ce groupe aux 10 premiers ports, ils affichent 90% du trafic total. Tout comme au niveau international, le marché italien dispose d’un potentiel de croissance significatif dans ce secteur d’activité, mais faute d’un investissement coordonné, d’une législation adaptée et de mesures environnementales efficaces, le nombre de croisiéristes pourrait baisser dès 2014. Depuis l’affaire du Costa Concordia, le développement durable et la sécurité demeurent des facteurs essentiels pour l’industrie de croisière qui continue à investir lourdement (4 milliards d’euros) dans le secteur de la performance environnementale, notamment des navires.

Toutefois, selon le vice-président d’Assoporti, Franco Mariani et le président du Port de Livourne, Giuliano Gallanti, le secteur de la croisière ne pourra pas compter indéfiniment sur une croissance exponentielle. L’activité, malgré son développement, rentre dans une ère plus incertaine, où il faudra trouver de nouveaux outils méthodologiques pour l’observer et l’analyser. Livourne rencontre des difficultés pour retenir certaines lignes de croisière qui sont « détournées » vers des ports voisins comme La Spezia. D’autres ports méditerranéens doivent mettre en œuvre des solutions adaptées au gigantisme croissant qui ne touche pas seulement le secteur de la marchandise et des conteneurs. Le Terminal de Venise en fait actuellement les frais, la jauge maximale des navires autorisés à passer le canal Giudecca vient d’être fixée à 96 000 tonneaux pour fin 2014. « Il n’est plus possible de répondre indéfiniment au gigantisme des bateaux ou de subir la pression des operateurs mondialisés : il faut jouer la carte de la solidarité », souligne Giuliano Gallanti. Les acteurs de la filière s’accordent à dénoncer une concurrence irresponsable entre les ports qui ne bénéficie ni au développement des territoires ni aux ports eux-mêmes. Un travail de réflexion sur l’avenir et l’organisation de la filière est à engager d’urgence avec l’ensemble des acteurs concernés y compris les collectivités locales sur : l’équilibre des investissements engagés, les services offerts, les stratégies environnementales, les démarches de marketing territorial et les nouvelles excursions et parcours à imaginer.
Cette manifestation à Livourne a rencontré un vif succès avec plus de 300 inscrits et plusieurs intervenants du monde de la croisière tel que le secrétaire général de CLIA Europe (Cruise Line International Association), Robert Ashdwon.

Le prochain Italian Cruise Day se déroulera à Naples en 2014.

Communiqué de presse Italian Cruise Day 2013

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