Oslo, une nouvelle étape pour la relation ville-port

CS_Oslo_dd_01_vignetteLe projet Fjord City a véritablement démarré avec le lancement en 2005 des travaux sur le secteur de Tjuvholmen. Les aménagements y sont achevés depuis 2014 et, pour l’essentiel, le sont aussi sur le secteur de Bjorvika avec notamment son emblématique Opéra.
Deux secteurs restants, ceux de Vippetangen et Filipstad, sont aujourd’hui encore à dominante portuaire. Les choses devraient rapidement évoluer, en particulier pour Filipstad. L’occasion pour nous de faire le point avec Vidar Fiskum, Project Manager – Department of Urban Development, Oslo Port Autorithy.

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Les ateliers mécaniques et le chantier naval présents sur le secteur d’Aker Brygge ont été reconvertis dès les années 80. Mais la véritable mutation du waterfront d’Oslo a démarré après les discussions entre le Port et la Ville au milieu des années 90 et l’intégration du Plan stratégique 2003-2011 pour le port dans le Plan national pour les transports adopté en 2004. Les principales orientations retenues prévoient :

  • le maintien des activités ferries et croisières au coeur de la ville ;
  • une relocalisation des activités portuaires (en particulier l’un des terminaux conteneurs) proches du centre-ville et leur concentration sur le SouthPort ;
  • la réutilisation des quelques 50 hectares de terrains ainsi libérés pour des usages urbains ;
  • le réinvestissement de l’argent issu de la vente des terrains portuaires dans la transformation du port et ses nouveaux projets.

Le secteur de Tjuvholmen a alors fait office de projet pilote et les travaux lancés en 2005 ont marqué le départ du projet « Fjord City » et ses opérations programmées sur les différents secteurs qui ont été définis le long du fjord.

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Les aménagements achevés en 2014 sur les 51 ha de Tjuvholmen, lui ont valu récemment un Global Award for Excellence de l’Urban Land Institute. Le secteur de Bjorvika, où les aménagements sont pour l’essentiel également achevés, est désormais identifié internationalement comme un quartier culturel avec notamment l’emblématique Opera House conçu par Snohetta, qui vient compléter le Musée d’art moderne conçu par Renzo Piano sur Tjuvholmen. En 2018, le Munch Museum conçu par Herreros Arquitectos devrait ouvrir ses portes à côté de l’Opéra.

Les deux secteurs restants, ceux de Vippetangen et Filipstad, sont aujourd’hui encore à dominante portuaire. Les choses devraient rapidement évoluer, en particulier pour Filipstad. L’occasion pour nous de faire le point avec Vidar Fiskum, Project Manager – Department of Urban Development, Oslo Port Autorithy.

AIVP Sur Vippetangen les activités portuaires sont actuellement très présentes avec en particulier des silos à grains, des quais pour la croisière, et un terminal ferry international. Quelles sont les principales orientations programmées sur ce secteur ? A quelles échéances ?

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CS_Oslo_dd_001Vidar Fiskum À l’avenir, il ne restera plus que le terminal ferry et les quais-croisière sur Vippetangen. La nouvelle « Promenade portuaire » va permettre de relier directement les installations destinées aux passagers avec le centre-ville et les nouveaux secteurs d’aménagement situés autour de notre nouvel Opera House, très fréquenté par les touristes et les habitants d’Oslo en général. Sur Vippetangen sont également prévus de nouvelles attractions publiques, des espaces commerciaux, des restaurants et des boutiques.
Il nous importe cependant que Vippetangen conserve la rudesse de son caractère portuaire et qu’il se distingue des secteurs de Bjørvika et de Tjuvholmen, plus attrayants. Nous nous efforçons de préserver la spécificité des secteurs que nous aménageons pour que chaque nouveau quartier possède une âme qui lui soit propre.

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AIVP Sur Filipstad le terminal conteneur a déjà été relocalisé et les aménagements devraient bientôt démarrer. Un terminal ferry est actuellement présent et un terminal croisière est annoncé pour répondre à la croissance du trafic passagers : le Plan stratégique à l’horizon 2030 estime en effet à +40 % la croissance du trafic passagers à Oslo.
Quelles solutions allez-vous mettre en œuvre pour assurer la mixité avec les aménagements urbains programmés sur le secteur à la fois sur le plan environnemental, et sur celui de la sécurité et de l’ouverture du site à la population ?

Vidar Fiskum – Le terminal conteneurs de Filipstad a été transféré sur le South Port il y a 10 ans et aujourd’hui le secteur est réservé à tous les autres types de marchandises. La ville d’Oslo ne cesse de croître et l’activité portuaire suit le même rythme utilisant chaque mètre carré de terrain disponible. La ville accueille de plus en plus de passagers et nous pensons que le transport public fluvial absorbera la majeure partie de cette croissance. Nous allons construire de nouveaux quais destinés au transport public, à proximité des hubs terrestres, afin de faciliter la fluidité entre les systèmes de transport public sur l’eau et à terre. Le transport international de passagers devrait également se développer et nous adaptons nos quais afin de pouvoir accueillir de plus gros navires.
En complément de l’amélioration de notre infrastructure, nous lançons des opérations de communications et organisons, chaque premier dimanche de juin, un événement appelé « By the Quay » (Havnelangs). C’est pour nous et nos clients l’occasion de faire connaître toutes les activités et les services que le port offre à la ville.

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AIVP – D’autres équipements à vocation portuaire seront-ils également maintenus sur le site, et, si c’est le cas, avec quelles solutions pour rendre compatibles les usages urbains et portuaires ?

Vidar Fiskum – En centre-ville, nous ne voulons que du transport de passagers ou des activités portuaires qui ne sont pas visées par le code ISPS. Sur nos terminaux ferry, nous appliquerons des mesures de sûreté permanentes étant donné que nos services fonctionnent toute l’année. En ce qui concerne les quais-croisière, qui servent surtout en été, le niveau d’exigence est moindre. Par conséquent, en l’absence de navire à quai, Il est important que ces quais soient affectés à des usages publics.
Toute la question est là : si nous voulons continuer à pouvoir proposer une activité croisière au cœur de notre centre-ville, il faut que les quais doivent être accessibles au public dès que les navires ont quitté le port.

AIVP – Filipstad a une identité maritime et portuaire forte. Cette identité sera-t-elle préservée et de quelle manière ? Le secteur était-il par exemple intégré dans votre Plan pour le patrimoine portuaire ?

Vidar Fiskum – Comme évoqué plus haut, on doit donner à chaque nouveau quartier une âme qui lui est propre afin qu’il puisse constituer un complément à la fois utile et apprécié au sein du tissu urbain. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de conserver certaines grues et bâtiments portuaires existants. L’élaboration de notre Plan pour le patrimoine portuaire a nécessité un travail exhaustif, et nous sommes maintenant en mesure d’identifier avec précision les bâtiments et les éléments du patrimoine que nous devons préserver.
Même si l’activité portuaire a existé pendant des années sur Filipstad, il n’en reste que peu de traces en dehors des quais eux-mêmes construits au XVIIIème siècle. Nous allons préserver ces quais ainsi qu’une partie d’une usine de torréfaction qui date des années 1950. Des discussions sont actuellement en cours avec le Département aménagement concernant la préservation d’un immeuble de bureaux construit dans les années 1960. Nous souhaitons sauvegarder l’essentiel de notre patrimoine historique tandis que le Département aménagement préfère démolir cet immeuble pour élargir la route qui traverse le nouveau quartier.
Mais en plus de ces bâtiments, nous voulons sauvegarder les anciennes grues d’Oslo construites il y a plusieurs siècles le long des quais de la ville. Aujourd’hui il n’en reste que trois et elles sont situées sur Filipstad.

AIVP – Le Port d’Oslo est le principal propriétaire foncier de la zone de Filipstad. A ce titre vous avez présenté votre propre programme d’aménagement pour Filipstad. Ce programme est une alternative aux autres propositions qui ont été faites, en particulier celle du Planning and Building Service de la Ville d’Oslo.
Pourriez-vous nous résumer les principales orientations de votre programme et expliquer en quoi il se distingue de celui de la Ville d’Oslo ? Et comment travaillez-vous sur ce plan avec la Ville d’Oslo pour ajuster les points de vue ?

Vidar Fiskum – Nous entretenons un dialogue de qualité avec le Département aménagement de la Ville et nous nous sommes mis d’accord pour formuler des propositions séparées pour Filipstad. C’est, selon nous, un moyen de renforcer la démocratie et d’appuyer le processus décisionnel au niveau de la Ville. Les élus prennent leurs décisions à partir de différentes propositions, ce qui est très sain pour notre système démocratique.
Nos stratégies d’aménagement sont assez similaires : disposer d’un terminal ferry moderne et performant dans la partie ouest de Filipstad, étendre le centre-ville d’Oslo vers l’est, et transformer en zones d’habitation l’essentiel des zones situées entre le centre-ville et le terminal.
Nous estimons toutefois qu’il est possible de créer un nouveau quartier de qualité sans avoir à modifier le tracé principal de la route qui traverse le secteur. Le Département aménagement lui veut enterrer la route et construire un tunnel extrêmement coûteux et nous, nous prévoyons un ensemble d’immeubles de bureaux afin de réduire l’impact des nuisances sonores sur les zones urbaines.

AIVP – Quel bilan tirez-vous des aménagements désormais achevés sur d’autres secteurs du waterfront, et de quelle manière ce qui est programmé sur Filipstad sera complémentaire de ce qui a été fait sur Tjuvholmen ou Bjorvika ? Pour prendre un exemple, des bâtiments emblématiques tels que l’Opéra House cité précédemment, ont déjà été implantés sur d’autres secteurs du waterfront. Un autre est-il nécessaire sur Filipstad ?

Vidar Fiskum – Nous avons remarqué que le waterfront était très fréquenté, en particulier pendant le court été norvégien. La demande d’aménagement dans les anciennes zones portuaires de parcs, plages et espaces pour les sports aquatiques est très forte. Sur Filipstad, nous allons créer un nouveau grand parc, une immense plage et des piscines d’eau de mer afin de satisfaire la demande en activités sportives et récréatives au cours de la période estivale.
Il est important pour nous de garantir la qualité urbaine et architecturale des espaces libérés par le transfert des activités portuaires. La population en profite et cela nous permet d’acquérir une bonne réputation.
En ce qui concerne les éléments de repère, nous voulons construire sur Filipstad un grand bâtiment emblématique qui marque la limite ouest du centre-ville. Le design de ce bâtiment sera défini dans le cadre d’un concours d’architecture à venir.

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AIVP – Pour finir, la Norvège a annoncé son ambition de réduire ses émissions de carbone de 50% d’ici 2030 et d’être neutre en carbone en 2050. La Ville d’Oslo elle-même a des ambitions vertes très affirmées.
Comment, notamment sur ce secteur de Filipstad, allez-vous répondre, très concrètement, aux enjeux du changement climatique que ce soit sur le plan de l’empreinte carbone, ou sur celui du risque inondation et de montée du niveau de la mer ?

Vidar Fiskum – Nous allons nous efforcer de réduire la quantité de voitures en circulation en limitant le nombre d’emplacements de stationnement et en intégrant les nouvelles zones urbaines au réseau de transport public en pleine expansion de la ville d’Oslo. Les rues de Filipstad seront conçues pour favoriser les déplacements à pied et à vélo.
Nous avons aussi élaboré un Plan qualité pour le secteur de Filipstad qui identifie des domaines prioritaires pour la réduction des impacts environnementaux : intervenir depuis la phase de construction, diminuer la demande énergétique en hiver, développer des systèmes de chauffage zéro émission, etc.
Pour ce qui est de la montée du niveau de la mer, les dernières mesures effectuées suggèrent que le soulèvement des terres, qui a lieu depuis la dernière glaciation dans le nord de la Scandinavie, suivra plus ou moins le niveau de la montée des eaux. Pour le moment, les nouveaux immeubles que nous construisons au niveau du sol naturel sont conçus pour résister aux crues centennales.

AIVP, janvier 2016

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OSLO PORT AUTHORITY: http://www.ohv.oslo.no

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