Innovantes ou traditionnelles, toutes les approches sont les bienvenues pour construire une ville portuaire durable

 Transition énergétique et économie circulaire 

Les villes portuaires du monde entier développent des projets destinés à réduire les externalités négatives des activités portuaires. En Espagne, le gouvernement vient d’autoriser le port de Valence à construire une unité de production électrique d’une capacité de 30 Mégawatts, un premier pas vers le zéro carbone envisagé pour 2030. Toujours en Espagne, le port de Barcelone a lancé un service gratuit de conseil en développement durable destiné à aider les utilisateurs du port à calculer les émissions de la chaîne logistique et faciliter la prise de décision pour un transport plus vert. Un autre champ d’étude prometteur est celui du carbone bleu ou le rétablissement du processus selon lequel les plantes marines capturent le CO2 pour le transformer en sédiments. Le port de Seattle (USA) s’associe aux Washington State Departments en vue d’étudier les avantages que présente le procédé. Enfin, une autre façon de réduire les émissions polluantes est de n’en pas produire du tout en développant le transport zéro carbone, à l’instar du projet TOWT – Transport à la Voile accueilli par le port du Havre.

Europa Press – Barcelona, El Periódico de la Energía – Valencia, Green Marine – Seattle, Twitter – Le Havre

Amsterdam lance une nouvelle phase de sa stratégie en faveur de l’économie circulaire

 Transition énergétique et économie circulaire 

En 2015 la ville d’Amsterdam avait commandité une étude en profondeur pour évaluer l’impact d’une transition vers une économie circulaire. Elle avait confirmé tout le potentiel en matière de réduction de la pollution, création d’emplois et développement économique. Les discussions avec la population et la communauté d’affaires avaient ensuite conduit à l’élaboration d’un plan stratégique 2020-2025. Le Port aura un rôle important à jouer dans cette stratégie, comme nous vous l’avions signalé dans notre news du 16 avril dernier. L’objectif pour la Ville est d’avoir une économie totalement circulaire à l’horizon 2050. Une quatrième phase vient donc d’être lancée. Plus de 200 projets sont annoncés pour l’année à venir.

Cities Today ; Amsterdam Circular Economy Policy

Les villes portuaires à l’avant-garde de la transition énergétique

 Transition énergétique et économie circulaire 

Rotterdam et Anvers ont dévoilé d’ambitieux projets visant à développer les carburants durables dans les prochaines années. Dans le port hollandais, Shell a annoncé l’ouverture d’une usine à hydrogène dans le terminal Maasvlakte 2 dès 2023. Le CEO du Port de Rotterdam a également exprimé son intention de construire un réseau public de stations hydrogène qui permettra de créer une proximité stratégique entre les producteurs et les consommateurs. Ce plan prévoit aussi l’installation d’un pipeline ainsi que d’autres projets de moindre ampleur. De l’autre côté de la frontière, le Port d’Anvers a annoncé la création d’un consortium réunissant 7 acteurs publics et privés. L’objectif est de produire du méthanol durable. La construction de l’usine pilote est prévue pour 2022 et devrait permettre de réduire les émissions annuelles de CO2 de plus de 8000 tonnes et d’accélérer le déploiement d’une économie circulaire bas-carbone dans le port.

Port of Rotterdam, Port of Antwerp

Un nouveau projet européen pour améliorer la performance environnementale des ports de l’Adriatique

 Transition énergétique et économie circulaire 

Le projet Susport lancé par le Port de Trieste (Italie) (PDF) va financer des actions pilotes dans plusieurs ports italiens et croates, dont des membres de l’AIVP, tels que Venise, Dubrovnik et Rijeka. Ces actions seront centrées sur la réduction du bruit, la qualité de l’air et les émissions de CO2. Le budget global de ce projet qui s’étalera sur 34 mois s’élève à €7 millions. À Trieste et Venise, les investissements seront destinés à équiper le port d’un éclairage LED et à acquérir des véhicules électriques afin de réduire la consommation énergétique et favoriser une meilleure interaction Ville Port. Il s’agit là du 7ème projet environnemental mis en œuvre par le port de Trieste.

Port of Trieste, Port of Venice

Les villes portuaires et la « théorie du donut » pour leur plan de relance post-corona

 Transition énergétique et économie circulaire 

Kate Raworth a été la première à introduire la notion d’« économie du donut » en 2012 avant de publier un ouvrage sur le sujet en 2017. Le modèle (video) qu’elle propose remet en question les modèles économiques traditionnels basés sur le PIB qui ne tiennent pas compte des limites planétaires et d’autres valeurs comme le travail non rémunéré, les « communs », etc. La Ville d’Amsterdam a annoncé cette semaine qu’elle basera son plan de relance économique post-corona sur ce modèle en l’adaptant au contexte urbain. Comme Marieke Van Doorninck, adjointe au maire, l’a expliqué dans un article paru dans le journal, le port aura un rôle important à jouer :

Dans une nouvelle vision de la ville, le port réfléchit à la façon de s’affranchir de sa dépendance à l’égard des énergies fossiles. Cette réflexion devrait mener à un débat plus vaste incluant les autres dilemmes brûlants mis en avant par le modèle du donut.

C’est dans ce contexte, témoignant de sa volonté de promouvoir l’économie circulaire, que le port d’Amsterdam a annoncé cette semaine la création de son deuxième hub de l’innovation Prodock 2.0 pour 2021.

Kate Raworth – Doughnut Economy, City Of Amsterdam, The Guardian, Port of Amsterdam

Le Port de Trieste (Italie) dirige un nouveau projet européen visant à améliorer la durabilité environnementale et l’efficacité énergétique des ports. Le projet comprend des initiatives pilotes telles que l’installation de bornes de recharge pour les voitures électriques, la mise en place d’un système d’éclairage plus économe ou encore l’implémentation d’un dispositif de suivi environnemental.

Port of Trieste (PDF)

Valparaiso (Chili) mise sur les vagues comme source d’énergie renouvelable

 Transition énergétique et économie circulaire 

Depuis début mars, le nouveau prototype BAM II est à l’essai sur le Muelle Barón de la ville portuaire chilienne. Le nouvel équipement, développé par Maestranza Diesel et Asmar avec le soutien de l’autorité portuaire, pourrait permettre de produire jusqu’à 3 kW. Ce second prototype mis au point par le consortium vient remplacer le premier modèle qui avait été installé fin 2018. L’un des principaux avantages de ce nouvel équipement zéro émission qui n’utilise aucun carburant est qu’il n’a aucun impact négatif sur l’environnement. À plus grande échelle, il pourrait constituer une source d’énergie verte pour les entreprises et les localités isolées de la côte chilienne. Plusieurs entreprises sont en train d’étudier le mouvement des vagues comme source potentielle d’énergie propre, à l’instar du projet Eco Wave, faisant des villes portuaires des lieux incontournables de la transition énergétique.

Acera, El Mercurio, Revista Electricidad, Maestranza Diesel