L’Océan Indien, au cœur de la transition énergétique avec le GNL ?

 Transition énergétique et économie circulaire 

L’alimentation en Gaz Naturel Liquefié (GNL) pour navires est devenue réalité, avec l’entrée en flotte du méga-navire CMA-CGM « Jacques Saadé ». Ce 23 000 EVP est basé sur la propulsion GNL. Cette énergie permet de réduire de 20 à 40% les émissions de Co2 et elle émet peu d’oxyde de soufre et de particules fines. Dans le Canal du Mozambique, les ressources en GNL sont immenses et pourraient alimenter cette transition énergétique. Les villes portuaires de l’Océan Indien se préparent à ce bouleversement, à l’instar de Longoni (Mayotte, France), qui se réaménage afin d’être une base arrière de cette industrie. De l’autre côté du Canal, ce sont les terminaux de Durban (Afrique du Sud) qui s’aménagent afin de recevoir du GNL. La demande est forte, alors que l’Inde a fait part de son intérêt pour cette énergie moins polluante. Une part importante du GNL extrait transitera vers les ports indiens. Les investissements importants de Total (13 milliards d’euros) dans la province du Cabo Delgado (Mozambique) ne fléchissent pas, malgré les attaques de groupes terroristes à Mocimboa da Praia. Total va d’ailleurs collaborer avec Siemens Energy sur les turbines GNL.

➜ L’Antenne ; CMA CGM Group ; Le Journal de Mayotte ; Mayotte 1ère ; GreenPort ; Kallanish Energy ; World Oil

Djibouti : quand la ville portuaire devient Cité d’affaires internationale

 Interface Ville Port 

Les travaux de construction de cette Cité d’affaires sur le site de l’ancien port de Djibouti ont été officiellement lancés par le Président de la République ce 8 octobre. La première phase porte sur la réalisation d’un hôtel, de salles d’exposition et de conférence, mais aussi d’un centre d’études maritimes. A terme sont également programmés deux tours jumelles, un centre commercial, un port de plaisance, un terminal croisière, un aquarium… Mais au-delà c’est une autre vision de la ville portuaire qui est ici visée : celle prônée par la China Merchant Group, partenaire de Djibouti,  avec son concept de « Port-Park-City ». Créé initialement par China Merchants Group pour le port de Shekou en Chine, ce concept repose sur le développement intégré des ports, des parcs industriels, des services, et de la ville. China Merchant Group avait déjà affiché son ambition de l’appliquer à plusieurs ports du continent africain, notamment Djibouti.

The Africa Report, Port-City-Park model (2019) ; Port Strategy ; La Nation

 

Un nouvel avenir pour Penang Bay (Malaisie)

 Climat 

Le gouvernement de l’Etat de Penang a lancé un concours international d’idées pour construire une « Ville-Etat » résiliente sur les différents secteurs riverains de l’île. L’objectif est de s’appuyer sur ses atouts historiques et naturels axés sur l’eau pour développer une nouvelle forme de ville combinant culture, nature, économie et nouvelles technologies. L’accent est mis sur l’innovation. Un quartier créatif et technologique est ainsi notamment programmé pour George Town, et à Butterworth un centre d’innovation autour des installations portuaires et du terminal multimodal Penang Sentral est en cours de planification.

World Architecture ; International Ideas Competition

Le Port de Busan annonce une nouvelle opération pour son projet North Port

 Interface Ville Port 

Le North Port Développement Project a été lancé en 2008. Il concerne un vaste secteur du waterfront que le Port veut transformer en un pôle de tourisme maritime et urbain de rang mondial. Un quartier des affaires, un quartier portuaire polyvalent autour de l’activité passagers, des quartiers culturels et récréatifs, et un quartier résidentiel sont programmés. Le projet est actuellement exposé dans le terminal international passagers, un terminal qui donne également la vue sur ce secteur Nord du port. Le siège actuel du Port va être reconverti en terminal croisière. Le port veut dès lors étudier la faisabilité d’un nouveau siège qui serait un bâtiment intelligent, implanté dans ce secteur Nord, et accompagnant le port dans son chemin vers l’innovation.

North Port Redevelopment ; North Port Redevelopment Exhibition Hall ; New Office Building

L’IA et les technologies « smart », pour des villes portuaires plus efficientes et vertes ?

 Gouvernance 

Le marché du « smart port » devrait peser 14 milliard de dollars en 2027, d’après de récentes études. L’intelligence artificielle, l’automatisation, la blockchain, l’internet des objets sont des pistes pour améliorer l’efficience des installations portuaires. L’AIVP en a d’ailleurs abordé les enjeux dans une interview pour le programme européen « Speed ».
Le port de Rotterdam (Pays-Bas) a créé une coalition pour développer l’IA. Il a regroupé la Municipalité de Rotterdam, le pôle d’innovation « InnovationQuarter », la Netherlands Maritime Technology et l’université TU Delft. La blockchain fait partie des technologies prioritaires, comme on le voit avec la plateforme « Distro », également aux Pays-Bas, qui permet l’achat-vente d’électricité via la blockchain. A Busan (Corée du Sud), la Métropole a signé un MoU avec le Port, des universités et un centre technologique afin de développer les technologies « smart », dans le cadre du « Digital New Deal », stratégie du gouvernement sud-coréen. Le développement de ces technologies passe également par des événements concurrentiels comme les Hackathons. Organisé par Ports de Lille (France), le 14 octobre a eu lieu un Hackathon sur la « révolution digitale et environnementale », en partenariat avec le programme « Speed ».

PR Newswire ; Smart port ecosystem (1) ; Hellenic shipping news ; Port de Rotterdam (site web) ; Port de Busan (communiqué) ; Smart port ecosystem (2)

Paris : la Seine au coeur des JO

 Transition énergétique et économie circulaire 

La proximité avec la Seine avait été l’un des arguments forts dans la candidature de Paris pour les Jeux olympiques et paralympiques de 2024. Un argument qui s’appuyait sur les atouts du fluvial pour proposer des JO respectueux de l’environnement. De fait la logistique fluviale est utilisée pour le transport des matériaux et des déblais des équipements à construire. C’est notamment le cas pour les 3000 logements du village olympique. Haropa Ports de Paris ou Voies Navigables de France se mobilisent pour rendre cela compatible avec les usages habituels du fleuve, que ce soient les trafics portuaires mais aussi le tourisme. Mais ce sont également des JO se projetant vers un avenir durable qui sont envisagés : le village olympique deviendra un écoquartier, et Haropa Ports de Paris veut faire des JO un accélérateur aussi bien des actions en faveur de la transition énergétique qu’il a déjà lancées que de l’amélioration de la qualité des eaux de la Seine.

Navigation, Ports et Industries (Sept, dossier pp. 20-33) ; VNF ; Haropa Ports de Paris ; Le Moniteur(1) ; Le Moniteur (2)

Quand l’art vient au port…

 Culture et identité 

Nous avons déjà eu plusieurs fois l’occasion de vous signaler des projets de mise en valeur esthétique des infrastructures portuaires. Cette fois c’est le Port de Strasbourg (France) qui propose au public un mois des projections artistiques sur le silo des Malteries d’Alsace. Il a sollicité pour cela la Haute école des arts du Rhin pour une série de projections autour de l’histoire passée et présente du Port du Rhin. A Rio (Brésil) l’exposition « Rua Walls » vient d’être inaugurée. Elle réunit 18 artistes qui ont transformé en oeuvres d’art les murs de plusieurs entrepôts sur près d’1,5 kilomètre. Cette initiative est également un projet d’inclusion sociale associant la communauté. Autre démarche d’art public, celle de Toronto (Canada) qui accueillera des artistes en résidence pour 16 mois sur le waterfront de Toronto pour un dialogue avec la communauté et une animation du waterfront. Toronto lancera également début 2021 une nouvelle stratégie d’art public dans la ville, un programme sur 10 ans.

Port de Strasbourg ; Agencia Brésil ; Waterfront Toronto ; Toronto

L’hydrogène vert : une source d’énergie du futur pour les villes portuaires ?

 Transition énergétique et économie circulaire 

L’avenir semble être à l’hydrogène « vert », produit à partir d’électricité d’origine non-fossile. Cela nécessite un chainage vertueux entre énergies renouvelables et usines de production d’hydrogène, pour lequel les écosystèmes ville-port sont très adaptés.
C’est ainsi que le Port de Bordeaux (France) a signé une convention pour développer une filière de production d’hydrogène vert. Il en est de même à Bilbao (Espagne), où l’autorité portuaire a donné son feu vert pour construire l’une des plus grandes usines d’hydrogène vert au monde.
Souvent, ces filières se structurent sous forme de hubs, comme à Port Kembla (New South Wales Port Authority, Australie), ce qui permet de dynamiser le tissu économique local.
L’hydrogène produit massivement pourra alimenter les navires afin de verdir le transport maritime. Pour ce faire, des entreprises mènent des recherches sur la propulsion hydrogène, comme Engie et Arianegroup qui ont joint leurs forces à cette occasion. Des prototypes de moteurs hydrogène sont même testés par la firme italienne Fincantieri.
Ce carburant du futur constitue un véritable marché, comme on le constate avec l’accord de fourniture d’hydrogène vert par le Portugal au Port de Rotterdam, qui a besoin de cette ressource pour ses activités à venir.

Le projet lauréat pour le waterfront de Cartagène (Espagne)

 Interface Ville Port 

Onze équipes avaient répondu à l’appel d’offres lancé par le Port que vous avions relayé en juillet dernier. L’objectif était de proposer de nouveaux usages et une meilleure intégration paysagère du quai Alfonso XII. Le projet sélectionné, « La Ventana del Puerto », propose une forte composante culturelle via la création d’espaces d’expositions, dont un près du terminal croisière, et la mise en valeur des équipements culturels existants. Il crée un espace public polyvalent doté de pergolas mobiles, de jardins et jeux pour enfants. La priorité est également donnée aux piétons et aux cyclistes avec la création d’une route souterraine pour les véhicules. Les trois propositions finalistes seront exposées au siège de l’autorité portuaire.

La verdad (+ images) ; Cartagena de Hoy (+ images) ; Murcia Economia

Risques industriels: après l’explosion de Beyrouth, comment les villes portuaires améliorent leur sécurité industrielle

 Santé et qualité de vie 

Une prise de conscience forte a eu lieu après l’accident tragique de Beyrouth. Les villes portuaires de par le monde sont en train d’investir massivement pour rendre la logistique et les opérations portuaires plus sûres. A Rouen (France), où un incendie a touché l’usine Lubrizol l’an dernier, des discussions sérieuses et un processus de dépollution sont en cours afin de permettre une reprise sûre des activités industrielles de Lubrizol. A une centaine de kilomètres de là, au Havre, les citoyens prennent part au débat public sur les règles d’urbanisme liées à la sécurité industrielle. En effet, un quartier situé sur la zone portuaire est exposé aux risques technologiques, et ses habitants souhaitent échanger avec les autorités locales.
Hors d’Europe les actions en faveur de la sûreté industrielle sont également fortes. A Dakar (Sénégal), les autorités nationales et le Port autonome ont évacué tout le nitrate d’ammonium présent dans la zone. Un nouveau processus de contrôle a été décidé, applicable à tous les produits dangereux arrivant au port. Dans la même idée, les stocks de produits dangereux abandonnés sont désormais systématiquement détruits à Chittatong (Bangladesh) afin de parer à tout accident.