Sur l’approvisionnement alimentaire et en eau potable, les villes portuaires d’Afrique investissent pour prendre leurs responsabilités

 Alimentation 

Les villes portuaires africaines ont pris conscience du rôle qu’elles peuvent jouer dans l’approvisionnement en nourriture et en eau potable. Innovation d’avant-garde : le premier train d’exportation de fruits est parti d’Addis-Abeba (Ethiopie) vers le port de Djibouti, où des conteneurs réfrigérés pourront partir vers les marchés européens. Cela a été rendu possible grâce à une aide technique du port de Rotterdam (Pays-Bas). Un réseau intégré de chemins de fer et de hangars frigorifiques (NCLN) devrait permettre aux producteurs Ethiopiens d’importer et d’exporter des produits alimentaires via le port de Djibouti.
L’import-export est une possibilité, mais la production locale semble être un atout essentiel pour garantir la sécurité alimentaire. Les villes portuaires ont un rôle à jouer, comme à Kribi (Cameroun) où une « ceinture verte » va être développée autour du port pour produire du maraichage et de l’alimentation quotidienne.
Nées de l’eau salée, les villes portuaires ont aussi un rôle à jouer dans l’eau douce. A Douala (Cameroun), le port a créé une société dédiée à la production et à la distribution de l’eau potable. Le directeur général du port a assuré la ville de son soutien en cas de pénuries d’eau potable. Une coopération des plus « rafraichissantes » !

Les ports d’Asie du Sud-Est renforcent leurs efforts dans les énergies vertes et les technologies smart

 Transition énergétique et économie circulaire 

Le premier « Bio Hub Port » en Malaisie va être construit dans la province de Sarawak. Il est estimé à un montant total de 4 millions d’€ et les travaux devraient débuter début 2021. Ce hub dédié à la biomasse va être édifié grâce à la coopération entre les entreprises malaisiennes et le port de Rotterdam, qui est adhérent actif de l’AIVP. Le partenaire local, le port de Bintulu, a mis au point une stratégie « Smart digital green port » qui va intégrer pleinement le futur hub de biomasse, et contribuera à la création de 35 000 nouveaux emplois.
A Singapour, le port de Jurong a installé un ensemble de panneaux photovoltaïques de 9,65 megawatts, dont la production électrique sera utilisée à la fois pour les opérations portuaires et pour l’approvisionnement urbain. De plus, le port va tester un système d’intelligence artificielle qui doit aider à réduire l’empreinte carbone, et il a lancé l’électrification des grues et véhicules terrestres. L’autorité portuaire de Singapour et ses partenaires ont débloqué 40 millions S$ pour les énergies moins polluantes.

La coopération ville-port indispensable pour la relance économique

 Gouvernance 

Alors que bien des villes tentent de stimuler leur économie pour faire face à la récession provoquée par la pandémie de Covid-19, la coopération ville-port est un atout essentiel pour des plans de relance efficaces.
Au Canada, un plan de relance commun a été élaboré par le port et la ville de Québec, avec l’aide de l’université de Laval et de la CCI. L’innovation et le transport seront une priorité collective. Des projets ambitieux sont sur les rails, comme le nouveau terminal à conteneurs « Laurentia », un hub d’innovation le long du fleuve, ou un nouveau plan régional de transport.
Même idée en Espagne, où le port et la ville de Ceuta ont conclu un protocole sur le développement de la croisière. Ce protocole vise à améliorer l’accueil des touristes et les services que la ville et le port leur fournissent.
Cependant, la relance économique ne doit pas être orientée uniquement sur le secteur marchand : le port de Long Beach (Etats-Unis) a intégré les projets de santé publique dans son programme de soutien à la communauté d’un montant de 46 millions de $. En période de crise sanitaire, on ne doute pas que la santé sera au cœur de l’économie du futur.

Appel à communications pour I.S.Rivers

 Biodiversité 

Une nouvelle édition de la conférence internationale I.S.Rivers aura lieu à Lyon en juin 2021. Son objectif est de permettre un partage d’expériences et un dialogue entre scientifiques, gestionnaires, et usagers des fleuves et grandes rivières pour contribuer à leur gestion durable. L’AIVP est l’un des partenaires de cet événement.

I.S. Rivers Appel à communications