L’Océan Indien, au cœur de la transition énergétique avec le GNL ?

 Transition énergétique et économie circulaire 

L’alimentation en Gaz Naturel Liquefié (GNL) pour navires est devenue réalité, avec l’entrée en flotte du méga-navire CMA-CGM « Jacques Saadé ». Ce 23 000 EVP est basé sur la propulsion GNL. Cette énergie permet de réduire de 20 à 40% les émissions de Co2 et elle émet peu d’oxyde de soufre et de particules fines. Dans le Canal du Mozambique, les ressources en GNL sont immenses et pourraient alimenter cette transition énergétique. Les villes portuaires de l’Océan Indien se préparent à ce bouleversement, à l’instar de Longoni (Mayotte, France), qui se réaménage afin d’être une base arrière de cette industrie. De l’autre côté du Canal, ce sont les terminaux de Durban (Afrique du Sud) qui s’aménagent afin de recevoir du GNL. La demande est forte, alors que l’Inde a fait part de son intérêt pour cette énergie moins polluante. Une part importante du GNL extrait transitera vers les ports indiens. Les investissements importants de Total (13 milliards d’euros) dans la province du Cabo Delgado (Mozambique) ne fléchissent pas, malgré les attaques de groupes terroristes à Mocimboa da Praia. Total va d’ailleurs collaborer avec Siemens Energy sur les turbines GNL.

➜ L’Antenne ; CMA CGM Group ; Le Journal de Mayotte ; Mayotte 1ère ; GreenPort ; Kallanish Energy ; World Oil

L’IA et les technologies « smart », pour des villes portuaires plus efficientes et vertes ?

 Gouvernance 

Le marché du « smart port » devrait peser 14 milliard de dollars en 2027, d’après de récentes études. L’intelligence artificielle, l’automatisation, la blockchain, l’internet des objets sont des pistes pour améliorer l’efficience des installations portuaires. L’AIVP en a d’ailleurs abordé les enjeux dans une interview pour le programme européen « Speed ».
Le port de Rotterdam (Pays-Bas) a créé une coalition pour développer l’IA. Il a regroupé la Municipalité de Rotterdam, le pôle d’innovation « InnovationQuarter », la Netherlands Maritime Technology et l’université TU Delft. La blockchain fait partie des technologies prioritaires, comme on le voit avec la plateforme « Distro », également aux Pays-Bas, qui permet l’achat-vente d’électricité via la blockchain. A Busan (Corée du Sud), la Métropole a signé un MoU avec le Port, des universités et un centre technologique afin de développer les technologies « smart », dans le cadre du « Digital New Deal », stratégie du gouvernement sud-coréen. Le développement de ces technologies passe également par des événements concurrentiels comme les Hackathons. Organisé par Ports de Lille (France), le 14 octobre a eu lieu un Hackathon sur la « révolution digitale et environnementale », en partenariat avec le programme « Speed ».

PR Newswire ; Smart port ecosystem (1) ; Hellenic shipping news ; Port de Rotterdam (site web) ; Port de Busan (communiqué) ; Smart port ecosystem (2)

L’hydrogène vert : une source d’énergie du futur pour les villes portuaires ?

 Transition énergétique et économie circulaire 

L’avenir semble être à l’hydrogène « vert », produit à partir d’électricité d’origine non-fossile. Cela nécessite un chainage vertueux entre énergies renouvelables et usines de production d’hydrogène, pour lequel les écosystèmes ville-port sont très adaptés.
C’est ainsi que le Port de Bordeaux (France) a signé une convention pour développer une filière de production d’hydrogène vert. Il en est de même à Bilbao (Espagne), où l’autorité portuaire a donné son feu vert pour construire l’une des plus grandes usines d’hydrogène vert au monde.
Souvent, ces filières se structurent sous forme de hubs, comme à Port Kembla (New South Wales Port Authority, Australie), ce qui permet de dynamiser le tissu économique local.
L’hydrogène produit massivement pourra alimenter les navires afin de verdir le transport maritime. Pour ce faire, des entreprises mènent des recherches sur la propulsion hydrogène, comme Engie et Arianegroup qui ont joint leurs forces à cette occasion. Des prototypes de moteurs hydrogène sont même testés par la firme italienne Fincantieri.
Ce carburant du futur constitue un véritable marché, comme on le constate avec l’accord de fourniture d’hydrogène vert par le Portugal au Port de Rotterdam, qui a besoin de cette ressource pour ses activités à venir.