Réduction de l’impact environnemental et optimisation des opérations portuaires : découvrez le projet de Pixel, un nouveau partenaire de l’AIVP !

Publié par  28 septembre, 2020 11:06 1 Commentaire

Réduire l’impact environnemental des opérations portuaires et accroître leur transparence sont deux éléments clés pour des relations durables entre les ports et les villes (objectif 9.1 de l’Agenda 2030 de l’AIVP). L’internet des objets (IoT), basé sur les données générées par des équipements (connectés et intelligents) déployés dans les villes portuaires, peut jouer un rôle crucial dans ces deux domaines. Des projets de recherche comme Pixel Port mettent au point de nouveaux outils pour un suivi efficace et transparent de l’impact environnemental des ports. Ceci dans le but d’une meilleure gouvernance conjointe et d’une relation plus saine entre les ports et les villes. Ignacio Lacalle, chercheur de l’Université de Valence (Espagne), explique dans cet article les principaux aspects du projet et comment l’AIVP et Pixel entament une nouvelle collaboration basée sur l’Agenda 2030 de l’AIVP.

La symbiose entre les villes et les ports procure des avantages mutuels évidents, mais présente aussi des inconvénients. Dans un contexte où la population urbaine est en constante augmentation, il est impératif que les interactions Ville Port relatives à l’aménagement urbain soient fondées sur des lignes transparentes. En outre, la présence d’un port dans une ville apporte des avantages logistiques et s’accompagne d’effets collatéraux qui, s’ils sont abordés conjointement par la ville et le port, peuvent davantage profiter aux habitants.

Comme le prônent l’AIVP et d’autres organisations, la réponse passe par une interaction renforcée, dans une dynamique constante d’amélioration et d’innovation de part et d’autre. Dans un monde où l’on dénombre actuellement 7,6 milliards [1] « d’appareils connectés », un nombre qui augmente de 11% chaque année, et dans lequel la technologie des capteurs et la puissance informatique sont largement accessibles, l’Internet des objets (IoT) est peut-être la solution. L’utilisation de techniques éprouvées et l’affectation de davantage de ressources dédiées à cette stratégie pourraient ouvrir la voie au port du futur.

On observe, à l’heure actuelle, une tendance à l’intégration de ces technologies dans les opérations portuaires. Mais leur développement est loin d’être optimal, du fait de la réticence de certains acteurs à changer de paradigme ou des réglementations en vigueur en matière d’exploitation des données, mais surtout parce que les systèmes ne sont pas toujours compatibles et que les ressources consacrées spécifiquement à de telles initiatives sont insuffisantes.

On en déduit que les projets de recherche financés par des fonds publics peuvent constituer une approche valable pour les villes, les ports et les autres parties prenantes. Ce type de projets, moins vulnérables, laissent la latitude de consacrer du temps et des ressources, via le recrutement d’un personnel qualifié, à la recherche nécessaire à leur application dans le contexte maritime et portuaire réel.

PIXEL fait partie de ces initiatives que l’on pourrait bientôt voir se reproduire dans le monde entier dans le but de traiter les problématiques Ville Port évoquées ci-dessus. PIXEL est un projet de recherche soutenu par H2020 qui vise à créer une solution intelligente, souple et évolutive afin de réduire les impacts environnementaux et d’optimiser le fonctionnement des écosystèmes portuaires à travers l’Internet des objets.

L’un des points essentiels de PIXEL concerne le travail d’installation et d’intégration de capteurs à des fins de suivi des différentes opérations portuaires et de leurs impacts en temps réel. Autre caractéristique de ce projet financé par des fonds publics : les résultats des recherches seront accessibles à l’ensemble de la communauté portuaire et scientifique.

Mais la principale particularité de PIXEL est peut-être son potentiel en tant que facilitateur à l’interface Ville Port. Le projet a permis de concevoir un outil perfectionné qui réunit des données, traite des informations et convertit des processus portuaires complexes en un indicateur unique. Plusieurs cas d’usage ont été retenus parmi les ports partenaires du projet : le Grand Port Maritime de Bordeaux et les ports de Salonique, du Pirée et de Monfalcone pour la mesure de l’impact environnemental, et le port de Salonique pour la congestion du trafic. La principale caractéristique de cet outil est sa capacité à fusionner plusieurs sources de données afin de générer un indicateur d’impact. L’objectif stratégique repose sur la possibilité de sélectionner, selon leur importance, leur mesurabilité et leur représentativité, des indicateurs individuels d’impact des opérations portuaires (ou des activités extérieures).

L’occasion a été donnée à l’AIVP de découvrir cet outil lors de la téléconférence organisée avec les représentants du projet. Notons que la méthodologie de cet outil se veut transparente et que les différentes parties prenantes peuvent s’entendre sur les indicateurs et les seuils à déterminer. L’ensemble des résultats obtenus sera mis à la disposition d’autres organismes ou du grand public.

Au stade de la conception et au début de la phase de déploiement de l’outil, l’équipe PIXEL et l’AIVP sont arrivées au constat que le projet était en adéquation avec certains objectifs ambitieux de l’Agenda AIVP 2030. D’abord, il peut servir à définir des indicateurs d’aménagement urbain au bénéfice des ports et des habitants (congestion du trafic par exemple [2]), ce qui peut contribuer largement à l’atteinte de l’objectif 3 (sur la mobilité durable). Il peut aussi permettre d’améliorer la visibilité des interactions Ville Port et favoriser la participation citoyenne, démocratisant ainsi des procédures essentielles et améliorant l’acceptabilité du port, comme visé par l’objectif 8 (sur l’interface Ville Port). Le suivi de l’impact environnemental a déjà été mis en œuvre (avec des résultats prometteurs [3]) dans certains ports, ce qui va ici dans le sens de l’objectif 1 (sur l’adaptation au changement climatique).

L’équipe PIXEL et l’AIVP estiment que ces défis doivent être relevés au plus tôt et avec le plus grand sérieux. Pour y parvenir, il s’avère nécessaire d’entretenir un dialogue fort et constant entre les autorités portuaires, les acteurs des ports et des clusters portuaires, les Villes et autres autorités, et les développeurs technologiques.

À cet égard, l’équipe PIXEL et l’AIVP ont décidé de renforcer leur collaboration à travers l’incorporation d’un représentant de l’AIVP au comité consultatif de PIXEL. Ce rapprochement devrait constituer une avancée significative pour le partage des connaissances. Espérons que ces échanges autour de problématiques Ville Port réelles sauront répondre aux questionnements des membres de l’AIVP.

Enfin, l’AIVP invite tous ses membres à répondre à un questionnaire récemment publié dans le cadre du projet PIXEL : https://www.surveymonkey.com/r/YQSJ32N. L’objectif est de connaître la position des ports du RTE-T, réseaux central et global, concernant les indicateurs d’impact environnemental ainsi que l’expérience acquise dans leur application.

 

Références :

[1] https://www.iot-now.com/2020/05/20/102937-global-iot-market-to-grow-to-1-5trn-annual-revenue-by-2030/#:~:text=At%20the%20end%20of%202019,(CAGR)%20of%2011%25.

[2] https://www.mdpi.com/1424-8220/20/15/4131

[3] https://link.springer.com/chapter/10.1007/978-3-030-34914-1_4

 

 

 

 

 

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