En direct

Port Urbain

8 juillet 2020

Le nouveau terminal passagers de Valence (Espagne) comprendra l’atelier d’un ancien chantier naval réhabilité et sera écologique.

Port of Valencia

6 juillet 2020

La Ville de Rotterdam se veut plus verte

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233 millions € ont été annoncés pour sept projets dans différents quartiers de la ville. L’objectif est en particulier de rendre la ville plus verte, mais aussi plus résiliente face à des pandémies comme celle du Covid. Cela concerne notamment les anciens secteurs portuaires de Rijnhaven et Masshaven.

Dutch review

6 juillet 2020

Le port de Carthagène (Espagne) a lancé un appel d’offres pour de nouveaux usages et une meilleure intégration de sa façade maritime

Diario el Canal ; La verdad

6 juillet 2020

Echange de terrains entre le Port et la Ville de Los Angeles (USA) et démolition d’une cuve à pétrole : vers une nouvelle promenade d’ici 2022

Sea News ; Daily Breeze

1 juillet 2020

Le Port d’Auckland (Nouvelle-Zélande) aménage un jardin vertical

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L’objectif est de mieux intégrer le bâtiment de son terminal automobiles. Il constituera un nouveau repère Ville Port et son toit deviendra un parc public dans quelques années. Il permettra également de développer la biodiversité. Tout ce qui est utilisé dans le jardin peut être réutilisé et recyclé, et il répond ainsi aux critères de durabilité.

Hanging Gardens ; Vidéo

29 juin 2020

A Marseille (France) l’ancienne base sous-marine va accueillir un data center et devenir une pièce maîtresse du Smart Port

20 minutes ; Vidéo

29 juin 2020

Le Port de Malaga (Espagne) va s’appuyer sur les méga-yachts et une future marina de 600 à 650 places pour se repositionner sur le marché de la plaisance

Malaga Hoy

22 juin 2020

5,4 millions d’euros pour le projet Le Havre Smart Port City

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Cette subvention de l’Etat français va permettre d’engager le projet en phase opérationnelle. Le projet réunit les collectivités, le port, des acteurs privés, des établissements d’éducation et de recherche. Il ambitionne de transformer le territoire à horizon de dix ans via des solutions innovantes dans les domaines de la mobilité, de l’énergie, de la smart data, de la transition écologique, de la relation avec le citoyen, de la formation, et de l’attractivité.

Le Havre Smart Port City (+ vidéo) ; Actualités

22 juin 2020

Le Port de San Diego (USA) lance un appel d’offres pour de l’art urbain sur deux parcs de son waterfront. Date limite : 11 juillet

sdnews ; Port of San Diego

22 juin 2020

Accord entre la Ville et le Port de Palma (Espagne) pour une promenade qui supprimera la coupure entre Ville et Port

El Vigia

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Port Citoyen

8 juillet 2020

Nouveau Port Center à Dunkerque

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Le 4 juillet dernier, le Port Center de Dunkerque (France) a ouvert ses portes au public pour la première fois. La démarche a débuté il y a 2 ans, avec le soutien des principaux partenaires, la Communauté Urbaine de Dunkerque, le Port Autonome, l’association ACMAPOR (Association pour la création d’un foyer de vie et de traditions portuaires) et le Musée du Port. Le nouveau Port Center est situé dans le Musée du Port et son exposition s’articule autour de 7 thèmes : l’identité du port, les navires, les marchandises, les hommes, le territoire, les perspectives et l’ouverture sur le monde. Le nouvel espace de 240 m² sera le point central de la relation port-citoyen.

Dunkerque Port Center

8 juillet 2020

Le Port de Dakar (Sénégal) apporte son soutien aux hôpitaux locaux en faisant don de 10 respirateurs mécaniques.

Port of Dakar

8 juillet 2020

La Baie de Beauport au Québec (Canada) va faire l’objet d’un important investissement afin d’atténuer les impacts du projet Laurentia. Les aménagements à réaliser ont été définis en collaboration avec les organisations locales.

➜ Port of Quebec

8 juillet 2020

Protection de la biodiversité dans les villes portuaires : Séville travaille avec la nature

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Le port de Séville (Espagne) a présenté un projet innovant combinant la gestion des sédiments de dragage et la création de nouveaux habitats pour les oiseaux aquatiques menacés. Ce projet, réalisé en collaboration avec le CSIC (Consejo Superior de Investigaciones Científicas), agence publique de recherche espagnole, s’inscrit dans le cadre de la nouvelle philosophie du port qui consiste à « travailler avec la nature ». D’autres ports du monde ont intensifié leurs efforts en faveur de la biodiversité : le port de Singapour est à l’origine d’un programme de transplantation et de conservation de récifs coralliens, et celui d’Imbituba (Brésil) a lancé la 12ème édition de son programme de surveillance des baleines dans le cadre d’un plan environnemental.

Port of Sevilla (PDF), Rice Media, Portos e Navios

8 juillet 2020

Partenariat entre villes portuaires et universités

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Le développement du capital humain, l’objectif 5 de l’Agenda AIVP 2030, est une priorité pour de nombreux adhérents. Le port de Venise va verser 600.000 euros à l’Université Ca’ Foscari pour la création d’un centre d’études sur les activités maritimes et logistiques. Une partie des fonds sera consacrée à la nouvelle Science Gallery de Venise. À Bahía Blanca, Argentine, le port a signé de nouveaux accords de partenariat avec l’Université nationale technologique (faculté régionale de Bahía Blanca) en vue de développer davantage de programmes éducatifs. À Algésiras en Espagne, la Ville, le Port et l’université collaborent à la création de l’Université européenne de la mer, dans le cadre du projet Lago Marítimo.

Nuova Venezia, Facebook (Bahía Blanca), El Estrecho Digital

1 juillet 2020

Le Port d’Auckland (Nouvelle-Zélande) aménage un jardin vertical

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L’objectif est de mieux intégrer le bâtiment de son terminal automobiles. Il constituera un nouveau repère Ville Port et son toit deviendra un parc public dans quelques années. Il permettra également de développer la biodiversité. Tout ce qui est utilisé dans le jardin peut être réutilisé et recyclé, et il répond ainsi aux critères de durabilité.

Hanging Gardens ; Vidéo

1 juillet 2020

Nouveau projet européen pour réduire la pollution atmosphérique et acoustique dans les villes. Un projet pilote va être lancé dans le port de Valence.

Esmarcity

1 juillet 2020

Les Archives du port de Lisbonne se joignent à la fête de la Cité des archives de Barreiro. Visites guidées et expositions sont organisées pour l’occasion.

Barreiro municipality

1 juillet 2020

L’hydrogène est-elle la meilleure solution pour la transition énergétique des villes portuaires ?

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La réduction des émissions et de l’empreinte environnementale est l’un des principaux enjeux des villes portuaires. Même si, dans certains cas, comme le montre une étude récente réalisée par le Port de Valence (Espagne), c’est le trafic urbain qui peut constituer la principale source de pollution, le rôle des ports reste déterminant. Bien qu’il n’existe pas de recette magique, l’utilisation de nouveaux carburants comme l’hydrogène associée à des solutions existantes montrent des résultats prometteurs. Par exemple, à Lisbonne (Portugal), la Ville a annoncé un projet pilote de production d’hydrogène vert pour les véhicules, tandis que le port installera le courant de quai à compter de 2022 afin de réduire la pollution des navires de croisière. Dans la cadre du projet européen H2PORTS, le port de Valence disposera d’une station à hydrogène dès 2021. D’autres importants projets d’énergie verte sont prévus en Espagne, dont un investissement de €80 millions par le pétrolier Repsol dans le port de Bilbao. Un premier projet concernera la construction de l’une des plus grandes unités de production de carburant synthétique zéro émission nette à partir de l’hydrogène vert, et un second la production de gaz à partir des déchets urbains. L’importance de l’hydrogène se reflète dans les stratégies nationales de certains pays, comme en Allemagne.

Port of Valencia, Eco Sapo (Lisbon), Europa Press, H2-view, El Mercantil, NPI Magazine

1 juillet 2020

Les efforts des membres de l’AIVP récompensés lors des WPSP Awards

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Les 6 gagnants du concours international du WPSP (Programme portuaire international pour le développement durable) ont été désignés le 24 juin. Ce programme, dont l’AIVP est l’un des membres fondateurs, reconnaît les efforts consentis par les ports du monde entier pour contribuer à la réalisation du programme mondial pour le développement durable. Lors de la présente édition, divisée en 6 catégories, les membres de l’AIVP ont remporté des prix bien mérités. Le projet collaboratif « Green and Connected (Green C) Ports » des ports de Valence et Venise a été primé dans la catégorie « infrastructures résilientes ». Les ports de Rotterdam, Amsterdam et North Sea Port ont remporté, via l’Association néerlandaise des ports maritimes, le prix « gouvernance et éthique ». D’autres membres figurent parmi les finalistes dans différentes catégories, tels les ports de Marseille, Rotterdam (deuxième catégorie), Helsinki et Montréal.

WPSP – Sustainable World Ports

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Port Entrepreneur

9 novembre 2012

Administration Obama : « We Can’t Wait » Initiative, 5 projets portuaires majeurs

En juillet 2012, le Président Obama, dans le cadre de sa politique « We Can’t Wait » initiée à l’automne 2011, annonçait l’accélération des procédures de lancement de 5 projets portuaires majeurs aux Etats Unis, projets répartis dans les villes portuaires de Jacksonville, Miami, Savannah, New York et Charleston. L’objectif est une modernisation des infrastructures dans le but de favoriser la croissance économique américaine, notamment en adaptant les ports concernés à la plus grande taille des navires qui utiliseront le nouveau Canal de Panama.
Cette décision a fait l’objet de nombreuses réactions et commentaires quand à l’état réel du réseau d’infrastructures maritimes et fluviales des USA, et à l’effort financier qu’il conviendrait d’engager pour éviter une perte de compétitivité de l’économie du pays, et ses conséquences en termes d’emplois.
L’enjeu est donc majeur, et il nous a dès lors semblé intéressant de donner la parole à l’un de nos adhérents sur ce dossier, en l’occurrence Franc Pigna, Managing Director of Aegir Port Property Advisers. Présent dans le réseau de l’AIVP depuis 2004, Franc Pigna était l’un des intervenants de notre table ronde de clôture de la 13e conférence Mondiale Villes et Ports. Il nous livre là son point de vue, dans une tribune personnelle.
A l’avenir, si vous aussi en tant qu’adhérent de l’AIVP, vous souhaitez réagir sur l’actualité des villes portuaires et apporter vos propres réflexions aux thématiques portées par l’AIVP, n’hésitez pas à prendre contact avec nous. Cet enrichissement des débats est la base de notre action et contribuera au dynamisme de notre réseau.

Tribune de Franc J Pigna, CRE, FRICS, CMC, Managing Director Aegir Port Property Advisers

12 juillet 2012

13e Conférence mondiale Villes et Ports : leçons de Saint Nazaire et de Nantes

La 13e Conférence Mondiale des Villes Portuaires organisée à Saint Nazaire et Nantes du 18 au 21 juin 2012 a rassemblé 450 participants originaires de 46 pays. Cette conférence mondiale de l’AIVP avait pour ambition de faire le point sur les réponses apportées par les acteurs  des villes portuaires à leurs problématiques de développement. L’angle d’approche des projets ville-port choisi cette fois par l’AIVP était celui de la place du port et de ses fonctions dans la mise en œuvre des stratégies de développement durable des villes et régions portuaires.

La globalisation, dont les effets sur les ports et les villes étaient plus au cœur des réflexions au cours de ces dernières années, est aujourd’hui parfaitement ingérée par les territoires. Les participants à cette dernière conférence AIVP ne s’interrogent plus sur la globalisation mais ont révélé l’émergence de nouvelles stratégies territoriales et de coopération en l’illustrant de nombreux exemples: transition et reconversion énergétique de territoires villes et ports, les nouvelles coopérations entre les activités portuaires, les filières industrielles, et les sphères universitaires et de la recherche, gouvernances « sur mesure », associant en particulier les citoyens, pour faciliter et accélérer les mutations et adaptations économiques, urbaines, sociales…

A travers les échanges d’expériences organisés autour des projets développés dans des villes portuaires de tous les continents, la première des constatations à effectuer est que la question du lien ville-port reste centrale près de 25 ans après la fondation de l’AIVP. Au-delà des stratégies classiques de récupération à des fins urbaines pour des projets de « waterfront » des espaces portuaires délaissés, c’est toute la question de la gouvernance ville-port qui est posée. La question de l’intégration ville-port du « comment faire le port avec la ville » est au cœur des débats dans la plupart des villes portuaires. Les projets de développement urbains sont aujourd’hui beaucoup plus que des projets d’amélioration ou de reconversion des interfaces ville-port, ils procèdent d’une réflexion globale sur l’identité et les spécificités de la ville portuaire contemporaine où l’intégration des fonctions urbaines et portuaires trouve toute sa place.

Cette nouvelle conférence de l’AIVP a permis de prendre la mesure des enjeux locaux, qui vont désormais bien au-delà des stratégies d’urbanisme pour aborder très directement des notions plus globales de performance économique, de bien-être des citoyens et de développement durable.

A cet égard, la création dans de nombreuses villes portuaires de centres de recherches qui constituent autant de « think tank » sur les problématiques de développement locales est révélatrice. Elle témoigne de la volonté des acteurs locaux de placer l’innovation au cœur de leurs réflexions stratégiques pour répondre aux enjeux globaux économiques mais aussi sociaux et environnementaux. Elus, dirigeants portuaires, entreprises se mobilisent clairement en faveur d’un nouveau souffle pour les villes et régions portuaires.

La problématique de l’énergie constitue sans doute une assez bonne illustration de ce phénomène. Face au défi énergétique et industriel représenté par la disparition programmée des énergies fossiles, les villes portuaires se mobilisent. Les infrastructures portuaires existantes, la densité des réseaux et la proximité des centres de production industrielle et de consommation font des villes portuaires des lieux privilégiés pour la mise en œuvre et l’expérimentation d’énergies renouvelables liées à leur environnement marin ou fluvial et de systèmes d’écologie industrielle liées au tissu économique. Eolien offshore, hydroliennes, énergie thermique des mers ou mécanique de la houle, voir production d’hydrogène sur des plates formes offshore sont autant de voies explorées ou qui font déjà l’objet de paris industriels. En devenant ainsi producteur d’énergie, le port ajoute à ses fonctions classiques au service du transport des marchandises une nouvelle filière et un nouveau challenge. Il y gagne aussi une nouvelle image vis-à-vis de la communauté et des populations.

Toujours dans le cadre de cette recherche d’un nouveau souffle pour les villes et régions portuaires, le débat s’ouvre autour des questions de la multimodalité et des nouvelles stratégies territoriales. Les initiatives ayant recours à la voie d’eau pour assurer la logistique de proximité dans les grandes villes se multiplient et deviennent économiquement rentables autant que souhaitables du point de vue environnemental et de l’aménagement urbain. A travers le port et ses fonctions, le lien se fait ainsi mieux entre la ville portuaire et la région métropolitaine.

Après le temps de la coexistence des premières années de l’AIVP, puis de la cohabitation organisée entre ville et port, et au-delà même des coopérations sectorielles qui se développent aujourd’hui, l’heure semble désormais à la mise en œuvre de partenariats plus étroits, voire même, à la mutualisation des ressources et des territoires. Mutualisation à l’échelle locale entre ville, port et leurs partenaires, mais aussi à l’échelle régionale.

Dans un contexte de crise économique et environnementale globale le jeu de la concurrence se déplace. Les villes portuaires d’un même territoire géopolitique et économique s’allient désormais pour constituer des ensembles plus cohérents et plus concurrentiels face à d’autres régions du monde. Cette 13e Conférence de l’AIVP a montré que les « gateways » et « clusters » régionaux, nationaux voire transnationaux se multiplient. Il s’agit désormais de promouvoir, autour des fonctions portuaires, un développement territorial régional associant plusieurs villes et plusieurs ports et capable d’intégrer et de traiter simultanément, en leur accordant le même degré d’importance, les problématiques sociales, économiques et environnementales.

Nous avons peut-être là le message le plus fort donné par l’Estuaire de la Loire aux délégués participant aux travaux de l’AIVP : la réponse aux défis globaux suppose désormais d’avoir la capacité et l’intelligence de faire évoluer les villes portuaires de la compétition à la coopération !

www.citiesandports2012.com

11 avril 2012

Monde en crise, villes portuaires en devenir

Si j’en crois les informations véhiculées par les médias, les commentaires de nombreux acteurs de terrain économiques et politiques et tout récemment les conclusions du rapport remis le 30 janvier dernier au Secrétaire Général des Nations Unies, tout porte à croire aujourd’hui, que la profonde crise économique et sociale que traversent la plupart des pays développés, n’est pas qu’un simple accident de croissance mais, bien au contraire, un rappel sévère de la fragilité d’un modèle de développement incompatible avec l’évolution des données démographiques, géopolitiques et environnementales mondiales.De crises en crises, 20 ans après Rio

Le prochain Sommet de la Terre Rio+20 ne manquera pas de le rappeler au mois de juin prochain : pour assurer d’ici le milieu de ce siècle, à 7 milliards d’humains, un monde encore viable et en paix, il est urgent de prendre acte du découplage ressources / démographie pour construire un développement économique et social totalement nouveau, moins inégalitaire, respectueux des équilibres écologiques locaux et globaux, et économe en ressources. La crise des dettes souveraines européennes après la crise des dettes des ménages vient tristement nous rappeler qu’un modèle de développement sociétal basé sur une consommation croissante de biens et services conduit à une impasse économique, environnementale et politique.

En tant qu’organisation mondiale réunissant les acteurs politiques et économiques des places portuaires, l’AIVP a bien entendu été très attentive depuis sa création, il y a plus de vingt ans, aux contextes global et local dans le cadre desquels les projets des villes et des ports pouvaient s’épanouir. Déjà, en 1993, notre charte de Montréal reprenait les conclusions du premier Sommet de la Terre de Rio et encourageait des acteurs des villes et des ports à intégrer les préoccupations environnementales dans leurs stratégies de développement. Nous n’avons eu de cesse depuis, à l’issue de nos échanges d’expériences, d’exhorter les acteurs locaux à réfléchir en termes de développement durable (Cf. notre Charte de Sydney de 2006 et notre Déclaration de Buenos Aires de 2010) et nous avons toujours valorisé les initiatives des villes et des ports qui mettaient en œuvre des solutions innovantes.

Le temps de la remise en question

Acteurs essentiels de chacune de ces villes portuaires, les autorités portuaires sont fortement incitées à réfléchir sur la pertinence à moyen et long termes de leurs stratégies et leurs politiques de développement. Pendant des décennies, la quantité de tonnes manutentionnée a été le principal – sinon le seul – critère de performance portuaire avec toutefois des pondérations visant à établir que « toutes les tonnes n’ont pas le même poids! « . Cette curieuse formulation visait naturellement à expliquer que la valeur économique de la tonne transportée par conteneurisation est largement supérieure à la tonne de vrac. Les essais de corrélation des tonnages manutentionnés avec « l’économie réelle » de la ville portuaire en termes de création d’emploi par exemple ont donné lieu à des discussions sans fin sur les méthodologies employées. Le développement spectaculaire des activités liées au secteur logistique a certes créé des centaines d’emplois nouveaux, mais souvent peu qualifiés et en nombre souvent inférieur aux attentes des élus locaux. Au final, la révolution logistique n’a pas permis de compenser la baisse régulière du nombre d’emploi dans les grandes zones industrialo-portuaires du milieu du XXe siècle.

Dans ce contexte de déclin de la dynamique de l’emploi pour la plupart des places portuaires industrielles des pays développés, la crise économique mondiale de 2008 a largement contribué à dramatiser une situation déjà difficile. La chute de la consommation mondiale a très vite eu des conséquences sur l’activité portuaire qui s’est parfois effondrée dans des proportions extrêmement importantes, parfois près du tiers de l’activité pour certains ports moyens en Espagne par exemple en 2009. Dans la plupart des pays développés, la foi, certains diront l’aveuglement, en une croissance exponentielle de l’activité portuaire a été sérieusement mise à mal par la baisse significative et durable des échanges. L’avenir et une analyse fine des trafics nous diront si la reprise constatée un peu partout en 2011 est purement « technique » ou si elle traduit une nouvelle dynamique économique qui se met en place. Il sera alors particulièrement intéressant pour les villes et les régions portuaires de regarder de près l’évolution des flux et d’en tirer les conséquences en matière de stratégies industrielles. Même si pour l’heure, les volumes de marchandises affichent pour certains ports importants une progression à deux chiffres et si les flux notamment Sud-Sud se réorganisent et vont profiter à de nouveaux ports, l’attentisme et la prudence des acteurs locaux et des investisseurs sont encore le plus souvent de mise pour les projets.

Imaginer une croissance durable….

La croissance est morte, vive la croissance ! Cet optimisme affiché pour une nouvelle croissance, l’est surtout pour une autre croissance. Une croissance soutenable et responsable qui reste encore largement à inventer mais dont on peut voir un peu partout, dans les pays émergents comme dans les pays développés les premiers résultats. A cet égard, les villes portuaires constituent des laboratoires d’expérimentation formidables. Au cœur de régions urbaines denses, elles associent souvent à un socle industriel développé et fortement lié à la globalisation par les fonctions portuaires, des problématiques environnementales et sociales complexes. Les villes portuaires sont, sans doute plus que d’autres pôles urbains, des villes en mouvement, portées par les évolutions technologiques et sociétales globales. Elles sont aussi exposées d’autant plus fortement aux crises de tous ordres. Pour s’adapter aux cycles économiques, les villes portuaires ont toujours dû innover. Celles qui n’ont pu ou su le faire ont inexorablement décliné. Aujourd’hui, force est de constater le foisonnement de projets : les projets d’éoliennes off shore pour une énergie propre se multiplient en Allemagne, au Royaume-Uni et partout en Europe créant de nouvelles filières économiques et des emplois ; Venise développe dans sa lagune les biotechnologies marines de demain pour une nouvelle industrie respectueuse de l’environnement ; Copenhague réinvente sur ses friches portuaires une ville durable exemplaire ; Los Angeles, se pose en champion de la lutte contre les GES dans sa gestion du trafic portuaire…

Nous en débattrons dans le cadre de la prochaine Conférence Mondiale Villes et Ports organisée par l’AIVP à Nantes et Saint-Nazaire du 18 au 21 juin prochains. Toutes ces villes ont compris que le port, son savoir-faire, son territoire et ses fonctions étaient toujours une force et un atout majeur dans ce nouveau cycle de développement qui s’ouvre. Toutes ces villes se sont posé la question des stratégies ville-port à conduire aujourd’hui pour garder des emplois et produire des richesses dans un contexte mondial de recherche du développement durable qui ne pourra que s’imposer dans les prochaines décennies. Anvers, Rotterdam, mais aussi Le Havre, Santos, Singapour et bien d’autres encore, se posent aujourd’hui ces questions essentielles pour leur avenir.

Urbain, entrepreneur, citoyen, le nouveau temps du port ?

Au-delà de la problématique des « friches portuaires » à reconvertir pour de nouveaux usages urbains, thème suivi depuis plus d’une vingtaine d’années par l’AIVP, la question d’une mixité productive des fonctions portuaires et urbaines est posée clairement par de nombreuses villes portuaires. La nécessité de la mise en place d’un développement durable et d’une maîtrise des émissions de GES donne à la présence du port urbain un intérêt renouvelé. Rendre la ville plus attractive, plus compacte mais aussi plus mobile est un enjeu stratégique et, à cet égard, le port peut constituer un atout décisif : accueil des navires de croisière au plus près des centres-villes comme à Malaga ou Hambourg pour générer une nouvelle dynamique commerciale ; réutilisation des bassins anciens pour les activités liées à la navigation de plaisance comme à Barcelone ou au Havre ; utilisation de la voie d’eau pour l’acheminement des pondéreux en cœur de ville comme à Séville, Paris, Bordeaux… permettent une nouvelle valorisation du patrimoine portuaire pour un renouvellement urbain durable.

Acteur du développement urbain durable, le port est aussi placé aujourd’hui au cœur des nouvelles stratégies industrielles. Les nouvelles filières économiques liées aux énergies renouvelables telle l’éolien off shore à Bremerhaven ou à Saint-Nazaire, les hydroliennes, les énergies thermiques des mers ou les fermes houlomotrices en projet dans de nombreuses régions du monde créeront les emplois de demain. Les villes portuaires se préparent à les accueillir. L’écologie industrielle est un concept d’avenir pour les villes et régions portuaires qui sauront associer dans une même stratégie développement industriel et ville durable. Les activités portuaires de niche autour des activités de recyclage des matériaux sont aussi désormais considérées avec attention par les autorités portuaires en quête de diversification des trafics.

Le port s’affiche aussi de plus en plus citoyen. S’intégrer à la vie de la cité, refaire le lien avec la population pour favoriser la dynamique de développement ville-port deviennent indispensables. Les Port Centers se multiplient en Europe sur les modèles d’Anvers, de Rotterdam, Gênes ou Melbourne. Les programmes d’éducation portant sur la place de la ville portuaire dans les nouvelles dynamiques commerciales et industrielles mondiales participent à la construction de chaque ville portuaire.

Le temps du port est là. Qu’il soit urbain, entrepreneur ou citoyen, le port se veut aujourd’hui un partenaire incontournable du développement durable des villes et régions portuaires.