L’hydrogène pourrait permettre d’éviter le rejet d’1 million de tonnes de CO2 par an dans les villes portuaires

 Transition énergétique et économie circulaire 

Les ports accélèrent la quête de nouvelles sources d’énergies pour remplacer les combustibles fossiles. Bien que nombre d’entre eux aient déjà mis en service les premiers systèmes GNL (gaz naturel liquéfié) pour les navires, beaucoup pensent que l’hydrogène pourrait constituer le seul moyen de parvenir à la transition énergétique. Dernier en date dans cette course, le projet présenté par le port d’Ostende (Belgique). Un consortium formé par le Port, DEME Concessions et PMV projette de construire une nouvelle unité de production d’hydrogène vert à partir d’énergies renouvelables. Cet équipement permettra une réduction des émissions de CO2 estimée entre 500.000 et 1 million de tonnes par an. Le projet prévoit également un parc éolien offshore comprenant 399 turbines d’une capacité totale de 2,26 GW. D’autres villes portuaires européennes ont lancé différentes initiatives allant dans le même sens. Toujours en Belgique, le port d’Anvers a passé commande de remorqueurs et de ferries propulsés à l’hydrogène. En Allemagne, Hambourg a annoncé l’année dernière son intention de construire la plus grosse usine de production d’hydrogène par électrolyse implantée en zone portuaire au monde. Elle aura une capacité de 100 mégawatts. Le port de Valence (Espagne) n’est pas en reste avec H2PORT, un projet prévoyant l’installation d’un outillage portuaire fonctionnant à l’hydrogène. Mais nous ne devons pas oublier qu’il n’existe pas de solution miracle. Afin d’atteindre l’objectif ambitieux de la transition énergétique, il faudra diversifier nos sources d’énergie et optimiser notre consommation.

Clean Energy Wire, Portal Portuario, Green Port, Port of Antwerp, Valencia Port

Comment rendre attractifs des territoires alors qu’ils sont encore en pleine transformation ?

 Interface Ville Port 

Nous avons eu l’occasion de partager avec vous à diverses reprises les projets en cours sur la façade maritime de Marseille et son interface ville port. La rénovation urbaine de 310 hectares y a été engagée en 1995, un périmètre auquel 170 hectares avaient été ajoutés en 2007. Des projets de cette ampleur se réalisent bien évidemment sur une longue période. Comment dès lors gérer ce temps long et amener les citoyens à s’approprier ces territoires avant même que leur transformation ne soit achevée ? C’est une question récurrente pour nombre d’entre vous. Pour y répondre Euroméditerranée, l’organisme en charge de cette opération d’aménagement et membre de l’AIVP, avait lancé fin 2018 « MOVE » un Appel à Manifestation d’Intérêt pour quatre sites devenus libres de toute occupation. L’objectif était d’y expérimenter temporairement des projets solidaires, économiques, collaboratifs, culturels ou citoyens. Une première short list de 11 projets avait été retenue. Les discussions ont permis d’affiner les projets, d’en fusionner certains. Quatre projets ont finalement été sélectionnés. Ils dureront entre 1 et 4 ans, et seront mis en oeuvre toujours en concertation avec Euroméditerranée. Une initiative d’urbanisme transitoire pour proposer aux citoyens une interface ville port de qualité à suivre de près.

MOVE, dossier de presse ; Vidéo

Le port durable, alliance d’intelligence et de collectif

 Gouvernance 

De retour du Forum Economique Mondial pour l’un, exprimant dans une interview les perspectives du port du futur pour l’autre, les CEO des ports d’Anvers et de Rotterdam tracent des visions convergentes. Pour tous les deux, il n’y a plus aucun doute que la lutte contre le changement climatique et la recherche d’une économie portuaire neutre en carbone sont des nécessités absolues. L’innovation technologique côté terre comme côté mer et l’optimisation de la chaîne logistique seront bien entendu une partie de la réponse. Mais au-delà, le succès de ces transformations reposera sur la capacité des ports à multiplier les partenariats, à relever les défis de façon collective en associant leur communauté, à soutenir ensemble un même processus de transformation.
Port of Rotterdam / Flows

Notre futur : la « ville éponge » ?

 Climat 

1,4 milliards de personnes habiteront dans les zones côtières à l’horizon 2050 et 570 villes, dont certaines des mégapoles, seront directement menacées par la montée du niveau des eaux selon le réseau international C40. Les phénomènes climatiques extrêmes viennent encore renforcer ce risque d’inondations auquel nos villes portuaires sont en particulier, et de plus en plus, confrontées. A l’occasion de la veille que nous réalisons pour vous, nous voyons de plus en plus souvent se développer des stratégies s’inspirant directement ou indirectement du concept de « sponge city ». Il s’agit de retrouver la capacité naturelle des sols à absorber l’eau, une capacité que l’urbanisation, avec son béton et son asphalte, a fait perdre à nos villes. Utilisation de matériaux poreux, création d’espaces verts inondables, restauration de zones humides, mais aussi traitement et stockage des eaux pour pouvoir les réutiliser dans les épisodes de sécheresse sont les principales solutions adoptées. Des villes portuaires chinoises se sont lancées parmi les premières dans cette stratégie. De grands groupes industriels s’y engagent aussi, dont Suez (un membre de l’AIVP) qui accompagne Chongqing (Chine) sur ce chemin vers des villes portuaires résilientes.

Demain la ville ; Ejinsight ; Government of Hong Kong ; Wuhan