La 10ᵉ édition du Port Center Meeting s’est tenue au Port Center du Havre, réunissant un large éventail d’acteurs engagés dans la médiation ville-port. Étaient notamment présents de nombreux ports internationaux : Bordeaux, Marseille, Anvers, Barcelone, Nantes, Strasbourg, San Diego, Dublin, Dunkerque, Livourne, Bilbao, Brest et La Rochelle, Haïti, HAROPA PORT, ainsi que diverses structures associées.

Parmi celles-ci figuraient HAROPA PORT, l’AURH, Brest Métropole, l’École supérieure d’art et design, la Maison pour la science en Alsace, Aggelos, l’agglomération de Lorient, le Conseil de Développement de l’Eurométropole de Strasbourg, ainsi que l’AIVP, Le Havre Port Center et la CCI Seine Estuaire.

Cette rencontre a permis de franchir un cap analytique important : elle a clarifié les besoins du réseau à chaque étape de maturité, tout en posant les bases d’une réflexion collective sur les modèles de gouvernance, les équilibres économiques et les stratégies de renouvellement.

Quatre profils de Port Centers : une lecture stratégique du réseau

Les échanges ont permis de distinguer quatre grandes situations, chacune associée à des enjeux spécifiques :

• Port Centers récemment ouverts (Port de Bordeaux, Port de Marseille) -Ces structures doivent stabiliser leur modèle : passer du provisoire au durable, définir une gouvernance claire, sécuriser les ressources, structurer les partenariats éducatifs et institutionnels. Leur enjeu principal est de transformer une ouverture réussie en existence pérenne.

• Port Centers en développement (Port d’Anvers, Port de Barcelone, Port de Nantes, Port de Strasbourg): Ces ports avancent dans la construction de leur Port Center. Ils doivent clarifier leurs objectifs locaux, consolider les initiatives existantes et identifier les leviers politiques, financiers et partenariaux pour s’ancrer durablement dans leur territoire.

• Territoires en réflexion (Port de San Diego, Port de Dublin, Port d’Haïti, Port et métropole de Brest): Ici, la dynamique émerge. Les premières rencontres, diagnostics et ateliers doivent être transformés en démarche structurée, avec une vision claire du rôle futur du Port Center dans la relation ville-port.

• Port Centers en fonctionnement (Port Center de Dunkerque, Port Center de Livourne, Port Center de Bilbao, Port Center de la Rochelle, Agglomération de Lorient, Port Center du Havre): Ces structures repensent leur contenu, stratégies , leurs espaces et parfois leur gouvernance. Leurs enjeux est de se réinventer tout en restant attractives et alignées avec les besoins du territoire.

La nouvelle Charte Port Center : un référentiel pour un réseau hétérogène

La présentation de la nouvelle Charte Port Center par l’AIVP a constitué un moment structurant. Elle répond aux besoins majeurs suivants :

• Harmoniser les pratiques dans un réseau où les structures diffèrent fortement en taille, statut et modèle économique.

• Clarifier les engagements : gouvernance partagée, ouverture au public, pédagogie, transparence, coopération locale.

Pour les Port Centers déjà établis, la Charte devient un outil de repositionnement stratégique. Pour les territoires en réflexion, elle sert de boussole pour structurer une démarche dès l’amont.

Trois nœuds critiques identifiés : gouvernance, modèle économique, gestion

Les discussions ont mis en évidence trois défis récurrents, quel que soit le stade de développement :

• Gouvernance -L’articulation entre port, ville, acteurs économiques, institutions culturelles et éducatives doit être anticipée. Les structures les plus solides sont celles où la gouvernance est pensée comme un équilibre dynamique, pas comme un simple cadre administratif.

• Modèle économique -Aucun Port Center ne repose sur une seule source de financement. La viabilité passe par un mix économique : contributions portuaires, partenariats, mécénat, billetterie, financements européens, etc.

• Gestion opérationnelle -Programmation, médiation, maintenance, accueil, partenariats : la gestion quotidienne n’est pas un volet technique, mais un levier stratégique. Sans une gestion robuste, même un projet bien conçu peine à durer.

Une perspective extérieure : l’apport du Port Center de Dunkerque et du modèle Charlemont

La session “perspective extérieure” a été portée par le Port Center de Dunkerque, dont la nouvelle direction apporte une expérience issue de Charlemont, une structure culturelle reconnue pour sa capacité à :

• diversifier ses formats,

• renforcer son attractivité,

• stabiliser son modèle économique.

Cette contribution a permis d’élargir le regard du réseau : les Port Centers ne sont pas des objets isolés, mais s’inscrivent dans un écosystème culturel plus large, où les enjeux de médiation, d’attractivité et de durabilité sont partagés.

Un atelier collaboratif pour fixer les priorités du réseau

La troisième journée, organisée à la CCI Seine Estuaire, a permis de travailler collectivement sur les priorités du réseau.

La visite de l’Espace Champion de l’Industrie est venue compléter cette matinée riche en échange illustré comment un acteur économique peut rendre l’industrie accessible à un large public, en écho direct aux ambitions des Port Centers.

Le Havre comme terrain d’expérimentation

Deux temps forts ont ancré cette édition dans la réalité havraise :

• l’inauguration de l’exposition MAGPIE au Port Center du Havre, consacrée aux transitions portuaires et logistiques ;

• la visite en avant-première du nouveau terminal croisière du Havre, qui ouvrira en 2026 et incarne une nouvelle étape dans la relation ville-port.

Ces expériences montrent comment un Port Center peut utiliser des équipements culturels et des infrastructures majeures comme supports de médiation.