Interview : Kim Mathews, Mathews Nielsen Landscape Architects (MNLA)

Publié par  7 décembre, 2012 9:58 1 Commentaire

Architectes paysagistes et changement climatique :
Des solutions durables pour le waterfront

Kim MathewsMathews Nielsen Landscape Architects, souligne la place prépondérante occupée aujourd’hui selon eux par les architectes paysagistes dans les projets de grande échelle (lire notre article). Elle conduirait selon eux à une nouvelle façon de penser l’urbanisme. Leur cabinet a travaillé sur différents projets du waterfront de New York, des sites dont le récent passage de l’ouragan Sandy a rappelé toute la vulnérabilité. L’occasion pour l’AIVP de questionner Kim Mathews, l’une des architectes.

AIVP : Sandy a rappelé la vulnérabilité des villes portuaires au risque de la montée des eaux. En quoi l’urbanisme conçu par les architectes paysagistes pourrait-il permettre de développer des solutions innovantes non seulement pour se protéger mais aussi pour en faire une opportunité pour créer de nouveaux espaces urbains ?

Kim Mathews, Principal, Mathews Nielsen Landscape Architects (MNLA) : L’opportunité, c’est maintenant ! Les espaces urbains dont nous parlons sur les waterfronts sont des espaces partagés qui doivent être conçus en fonction du changement climatique. Après le passage de l’ouragan Sandy les coûts de base pour la remise en état se montent à plus de US$15 milliards pour la seule ville de New York. Quelques-unes des solutions seront des stratégies d’ingénierie à long terme, mais il y a tout autant d’opportunités pour de nouvelles façons de concevoir l’aménagement des espaces au niveau de l’eau et au bord de l’eau. Les solutions « soft » d’infrastructures qui agissent comme des éponges peuvent occuper beaucoup de foncier mais cet espace est vital pour prendre en compte le changement. Il peut aussi être conçu pour inspirer, éduquer, et il peut être l’occasion de créer de nouveaux espaces de grande qualité pour des usages urbains.

AIVP : Cet urbanisme de l’architecture paysagère est porté selon vous par une conception organisant son projet autour du partage des espaces publics, l’approche architecturale étant davantage tournée vers la volonté de remplir un site, et d’y agréger des bâtiments. L’approche est-elle vraiment aussi tranchée entre architecte-paysagiste et architecte ?

Kim Mathews (MNLA) : Rien dans la conception des projets n’est aussi tranché ! En une nuit, l’Ouragan Sandy a transformé les valeurs foncières et leur référence à un code postal en une courbe de niveau. A un moment où nous apprenons à édifier nos villes et infrastructures au dessus des risques d’inondation, il y a clairement une opportunité pour une collaboration entre architectes paysagistes, ingénieurs et architectes. Chez Mathews Nielsen nous suggérons que, dans tous les cas, le plan masse doit être considéré en même temps que l’architecture, voire même en premier. Qu’un site soit sur un secteur de terrains bas ou élevés, nous croyons que l’apparence et l’atmosphère d’un lieu, ses liens avec la dimension humaine, et son cadre écologique doivent être pris en compte dès le début.

 

AIVP : L’organisation des espaces urbain et portuaire et la possibilité de concilier nouvelles fonctions urbaines et maintien d’un port actif sont des préoccupations constantes pour les membres de notre réseau mondial. En quoi l’approche de l’architecte paysagiste pourrait-il proposer des solutions plus durables sur ces sites d’interfaces toujours en évolution ?

Kim Mathews (MNLA) : Les accès aux terres plus élevées et les routes de transport intermodal sont essentiels pour le succès des activités des villes portuaires indépendamment de l’importance de ces activités. Souvent séparés du trafic local, ces corridors peuvent être conçus pour filtrer et contrôler les eaux pluviales à un niveau qui commence à faire la différence. De la même manière que nous pouvons utiliser les waterfront urbains pour éduquer et pour protéger, le port maritime peut faire de même. Comme ils fonctionnent souvent à proximité de ressources sensibles, les ports peuvent ajouter de la valeur à la communauté locale et aux efforts en faveur du tourisme en intégrant une infrastructure verte et visible qui ne compromette ni leur sécurité ni leurs fonctions. En tant qu’architectes paysagistes, nous pourrions tester des aménagements de quais verts pour absorber les eaux de pluie et chercher d’autres solutions telles que les toitures végétalisées, les trottoirs poreux, les zones tampons végétales, et les murs végétaux sur les immeubles et les clôtures.

PARTAGER

Laisser un commentaire