World Seastems, une nouvelle approche des flux maritimes dans les dynamiques de développement des villes portuaires

Publié par  22 mai, 2013 9:51 Laissez vos commentaires

Dans le cadre des projets de recherche sur les dynamiques des villes portuaires, l’AIVP signale à l’attention de ses membres actifs le projet : World Seastems. Ce projet financé par l’Union Européenne à hauteur d’un millions et demi d’euros a débuté en mars 2013 et doit durer 5 ans. Le projet World Seastems est placé sous la responsabilité scientifique de César Ducruet, chercheur au CNRS – France) et membre du réseau d’expert de l’AIVP.

« Le projet World Seastems a pour ambition de cartographier et d’analyser les mutations de l’économie mondiale durant trois siècles du point de vue des échanges maritimes de marchandises. Il se base principalement sur l’exploitation de données d’archives sur les escales quotidiennes des navires de commerce entre les ports du monde publiées depuis 1734 par Lloyd’s List, contenant des informations sur les dates de départ et d’arrivée et les caractéristiques techniques des navires. Malgré le rôle vital du transport maritime pour le développement économique et les échanges commerciaux internationaux, aucune recherche n’en a proposé une approche spatio-temporelle systématique. Le projet a trois objectifs principaux.

D’abord, les flux maritimes sont cartographiés de façon dynamique et interactive grâce à une plateforme géomatique permettant par ailleurs différentes analyses en termes de routes et corridors (agrégation des liens), analyse spatiale (rayonnement maritime), etc.

Ensuite, on s’intéresse à la structure du réseau proprement dit afin d’en mesurer les propriétés topologiques et de comparer leur évolution à celle des modèles de réseaux théoriques mais aussi et surtout de voir en quoi cette structure reflète ou anticipe certains faits majeurs comme des révolutions technologiques (voile, vapeur, combustion, conteneurs), des crises économiques (1929, 2009) et des reconfigurations territoriales (décolonisation, post-URSS) en termes de densité, croissance, polarisation du réseau, pris dans son ensemble ou à des niveaux plus régionaux. La recherche de communautés ou clusters tentera de répondre à la question de la régionalisation des échanges et de l’évolution des économies-mondes, tout en vérifiant l’hypothèse du passage d’une organisation centre-périphérie au polycentrisme. Enfin, les évolutions économiques et technologiques du secteur portuaire et maritime seront appréhendées à travers l’idée d’une co-évolution des flux maritimes et des villes littorales, notamment envisagées sous l’angle combinatoire de leur situation changeante dans un réseau couplé maritime et terrestre, incluant les villes continentales et les arrière-pays.

Le projet dans son ensemble veut ainsi apporter des réponses nouvelles à la façon dont les flux physiques bâtissent et à la fois transgressent nos sociétés et leurs relations, du local au global, en faisant appel à une grande diversité de champs scientifiques, des « global production networks » à l’histoire économique et maritime, l’analyse des réseaux, et les systèmes de villes. »

César Ducruet

En savoir plus :
http://cordis.europa.eu
http://www.parisgeo.cnrs.fr

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