«Urban Waterfronts 2011», 30 years of urban waterfront

Published by  13 December, 2011 9:31 am Leave your thoughts

To give back access to the water to the community and to create an identity for the waterfronts : two major aims underlined during the recent conference of “Waterfront Center” which was held in New York. If the Conference bore essentially on the question of public spaces and urban developments on the waterside, one of the parallel sessions also provided the occasion to rediscover a theme widely debated within AIVP, that of the “Working Waterfront”.

All presentations available on www.waterfrontcenter.org

Synthesis by AIVP : only in French

A la fin du mois d’octobre dernier s’est tenue à New York la conférence annuelle du “Waterfront Center”, une édition toutefois un peu particulière puisque le “Waterfront Center” fêtait là ses trente ans d’existence. L’AIVP avait tenu à être présente à New-York à cette occasion.

L’AIVP suit depuis toujours les travaux du “Waterfront Center”. Depuis sa création, cette association américaine plaide pour le maintien d’un accès public à l’eau et contre une privatisation excessive des waterfronts. New York était sans nul doute un cadre idéal pour découvrir in situ ces problématiques côté nord-américain et ceci pour trois raisons :

  1. La Ville de New York met actuellement en œuvre son ambitieux plan “Waterfront Vision 2020” (cf info AIVP de mars 2011).
  2.  Certaines opérations déjà réalisées, tel le “Hudson River Park”, sont des exemples reconnus d’aménagement intégrant ces enjeux.
  3. Des projets majeurs sont en cours. C’est le cas du “Brooklyn Bridge Park” réalisé sur différents quais et terre-pleins désaffectés entre le terminal conteneurs de Red Hook, toujours en activité, et le pont de Brooklyn. Ce parc, qui se prolonge vers le pont de Manhattan, sera également limitrophe du secteur de “Dumbo” composé d’anciens bâtiments en pleine reconversion.

Durant cette conférence de New York, ces différentes problématiques ont donc été largement abordées par les différents intervenants notamment lors d’une session reprenant l’histoire des waterfronts américains depuis trente ans. Il semble que trois notions qualifient finalement cette histoire :

« Connectivity » c’est-à-dire  « redonner au public l’accès à l’eau ». Entrée progressivement dans les idées des aménageurs, cette idée est désormais traduite aux USA par une disposition législative qui limite sur une largeur de 60m le pourcentage de terrains cessibles au secteur privé le long des voies d’eau. L’usage très développé à New York du transport de passagers sur l’eau (navettes taxi, ferries, etc.) ou le développement d’espaces paysagers et récréatifs le long de l’Hudson illustrent parfaitement les retombées bénéfiques de cette disposition. Toutefois, elle n’est pas sans poser des problèmes de financements, non seulement lors des aménagements initiaux mais également ensuite pour l’entretien et la gestion quotidienne de ces espaces.

« Community », mot qui revêt un double sens :  « aménager pour la communauté » mais aussi  « créer une communauté d’acteurs pour aménager ». Ceci est particulièrement caractéristique des pratiques d’aménagement sur le continent nord-américain où les communautés d’acteurs, de défenseurs ou de soutien aux  « riverfronts  » sont fréquentes.

–  « Sense of place  » et  « identity » : ces notions ont souvent été également débattues à l’AIVP. Elles renvoient tout d’abord à la recherche et au maintien d’une  « archéologie du waterfront » qui vise à rappeler que les waterfronts étaient originellement des lieux où les gens travaillaient. Elles soulignent aussi la nécessité de créer une identité pour ces nouveaux espaces, y compris par le recours à l’art urbain, ceci pour éviter le développement de waterfronts standardisés, identiques d’une ville à l’autre, et accueillant les mêmes types d’équipements. Ces notions répondent ainsi à l’une des critiques faîtes aux waterfronts américains les plus anciens, ceux apparus en particulier dans les années 1980. Elles posent quelques fois encore des difficultés, faute de n’avoir pas été intégrées dès l’étape de planification.

Si l’essentiel de la conférence portait sur les aménagements urbains au bord de l’eau, il a également été question des  « working waterfront », thème régulièrement débattu au sein de l’AIVP. Trois intervenants, représentant Portland, Newport, et le  « Working waterfront and waterways council », ont exposé sur ce thème. Ils ont tous acté que les choix stratégiques visant à l’aménagement des waterfronts ou à la modification du zoning de ces secteurs, devaient reposer :

  • sur un inventaire complet des usages existants (logements, commerces, bureaux, entreprises, etc.) pour les qualifier comme acceptables et non acceptables, compatibles et incompatibles (Démarche effectuée à Portland) ;
  • sur une analyse de la nécessité absolue – ou non – de la présence de l’eau pour ces usages. Ce travail effectué à Newport a eu pour double but de maintenir la diversité des usages et de se départir de la rentabilité à court terme des aménagements immobiliers pour privilégier un raisonnement à plus long terme.

In fine, les intervenants étaient d’accord pour souligner que non seulement les waterfronts doivent être aménagés comme des espaces offrant l’accès à l’eau ou la vue sur l’eau ; mais aussi comme des espaces de production d’activités se servant de l’eau ou la valorisant.

Le  « Working waterfront and waterways council » est sur cette ligne et plaide en permanence auprès des décideurs pour la préservation des espaces en bord d’eau pour des usages économiques et industriels, tout en intégrant les conflits potentiels et les impacts négatifs sur l’environnement en amont, dès le stade de la planification. Pour parvenir à cet équilibre, cette organisation propose des mesures telles que des incitations financières favorisant le maintien d’activité. Allant au bout de leur démarche, elle a même déposé une proposition pour l’adoption d’un  « Keep America’s Waterfront Working Act ». Sans croire réellement aux chances de la voir aboutir, ils souhaitent avant tout par cette démarche se positionner comme un contre pouvoir venant compléter le dialogue avec les autres groupes d’acteurs : écologistes, citoyens riverains, etc.

Au terme des ces deux jours de débats, il apparaît assez clairement que l’AIVP se retrouve dans un certain nombre des idées émises. Ces prises de position sont aussi sans doute l’écho de ce nouveau temps des ports qui sera au cœur des débats de la prochaine Conférence mondiale de l’AIVP en juin 2012 : le temps d’un port urbain, entrepreneur et citoyen.

Les exposés présentés lors de la conférence  « Urban waterfront 2011 » sont disponibles sur www.waterfrontcenter.org.

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